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Réalité ou dualité ?
Datte: 25/08/2024, Catégories: fh, bizarre, fête, amour, cérébral, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
Elle marchait dans le bois. Elle aimait s’y promener pour souffler, se changer les idées et laisser son esprit vagabonder. Ses pas la conduisirent près du manoir. Une imposante demeure de maître, aujourd’hui inhabitée, qui, en son temps, avait été le centre névralgique de toute la région et le théâtre de nombreux évènements, mais qui, depuis, était laissée à l’abandon. Une soudaine nostalgie la saisit à la vue de la façade décrépie, recouverte de mousse et de lierre. Enfant, elle avait fait de cet endroit son terrain de jeu de prédilection. Le jardin laissé en friche, dans lequel la végétation avait pris le dessus de façon anarchique, recelait un tas de recoins et de cachettes qu’elle arpentait inlassablement. Cet endroit isolé, à l’abri des adultes, était devenu son territoire, un espace de liberté, loin des règles et des codes, où tout devenait possible. Un monde bien à elle qui stimulait son imagination et dans lequel elle s’était inventé mille aventures. Un endroit auquel elle restait profondément attachée. Même si, depuis son adolescence, elle ne s’y était guère rendue… Elle chercha du regard l’étroit sentier qui conduisait à l’arrière de la bâtisse. Il n’était pratiquement plus visible. Les ronces et les buissons le recouvraient. Mais cela ne la découragea pas. Elle voulait revoir sa cachette secrète, celle dans laquelle elle se réfugiait lorsqu’elle était triste ou contrariée. Malgré les épines qui agrippaient son jean, lui griffant parfois le bas des jambes à ...
... travers le tissu de son pantalon pourtant épais, elle finit par y arriver. Elle écarta le massif d’arbustes qui cachait la vieille grille en fer forgée encastrée dans le mur. Le cœur battant, elle la poussa d’un coup sec. Celle-ci pivota sur ses gonds avec un grincement strident. Elle s’engagea dans l’étroit couloir sombre et humide qui conduisait à l’espèce de cave voûtée, éclairée par quelques soupiraux dont les ouvertures étaient protégées d’épais barreaux. Elle se dirigea vers l’épaisse porte en bois massif et fer forgé du fond. Elle essaya de l’ouvrir sans grande conviction. Comme toujours, celle-ci ne bougea pas d’un millimètre. Elle posa sa main sur le battant et ressentit à nouveau l’étrange vibration, toujours aussi imperceptible, mais bien réelle. Cette subtile pulsation contre sa paume lui avait toujours fait considérer que la maison était vivante, même si plus personne ne l’habitait depuis longtemps. Elle en éprouva un immense soulagement… — Bonsoir ! La voix grave l’arracha de ses souvenirs. Elle pivota précipitamment sur elle-même et se figea en apercevant la personne qui semblait avoir surgi de nulle part sans qu’elle l’entende arriver. Celui-ci paraissait sortir d’une autre époque, affublé d’une redingote de drap foncé surfin, d’un pantalon ivoire moulant et de hautes bottes étincelantes. Le gilet de satin assorti et la montre de gousset complétaient son costume des plus démodés. Mais ce n’était pas l’accoutrement anachronique, presque ridicule, qui aurait ...