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Tout est mensonge
Datte: 24/08/2024, Catégories: nonéro, fantastiq, Auteur: Loaou, Source: Revebebe
... écriteau mal éclairé semble indiquer l’entrée de l’auberge. Plutôt qu’attendre dans cet enfer glauque, je décide d’aller prendre un café en attendant la fin de l’orage. J’ouvre la portière et pose un pied sur le sol. Je suis presque surprise de le trouver solide, après cette impression d’avoir roulé sur de l’eau, d’être plongée dans de l’eau. En provenance de la cour, des grêlons sautent de toutes parts et les plus vifs vont jusqu’à m’agresser la jambe avant de fondre lamentablement dans le gravier mêlé de sable poussiéreux. Je sors de l’auto et la ferme à clé par réflexe : de toute façon, personne ne viendra. Sous l’auvent, l’air est encore terriblement chaud de la journée torride, mais il est maintenant saturé d’humidité. Un mélange d’odeur de terre, de fioul, de graisse et de plantes pourrissantes m’agresse. Je me hâte vers la porte d’entrée. Elle est grande ouverte, un filet de musique d’ambiance s’en échappe, étouffé par le déluge. Je franchis le seuil et m’arrête, éblouie par la transition depuis le hangar sombre. L’aubergiste est derrière son comptoir. Il lève les yeux de son journal et me lance jovialement : — Bonjour, entrez donc ! Ne restez pas là, avec toute cette eau. Dieu seul sait si elle ne va pas tout noyer. Je jette un coup d’œil en arrière et mes cheveux se hérissent : venant de la cour saturée, l’eau envahit le hangar en grandes avancées. Une immense flaque entoure largement ma voiture qui s’y enfonce, comme dans des sables mouvants. Ses roues ...
... arrière ont déjà disparu dans la boue, l’eau lèche les portières. Je ne peux retenir un cri et me cramponne au chambranle de la porte. L’homme m’apostrophe : — Il y a un problème ? Je me tourne vers lui, je voudrais lui crier que la voiture disparaît, mais je n’articule que quelques mots hagards. Il me rejoint, examine le contenu du hangar. Je me tourne pour en faire autant. La voiture est là, immobile, posée sur la poussière sèche à peine parsemée de grêlons. — Vous allez bien ? me demande-t-il. Vous êtes pâle comme un mort ! Venez, je vais vous servir un petit remontant. Il me guide par le bras, me soutient presque, pendant que je titube jusqu’à une chaise sur laquelle je me laisse tomber. Il se précipite et revient avec un tout petit verre au contenu ambré. Rien qu’à l’odeur, le contenu est fort. — Une fois n’est pas coutume, je vais vous accompagner, je crois, énonce-t-il en regagnant l’arrière du comptoir. Il se sert un verre identique. — Tchin ! lance-t-il avant de le porter à ses lèvres. J’hésite un instant, puis en bois une trop grosse gorgée et me mets à tousser. — Doucement, quand même, rit l’homme. Ce n’est pas de l’eau ! — Déso…(je dois reprendre mon souffle) Ouuh… Désolée. Je m’en doutais, mais il m’a prise par surprise. — Sûr ! Je le tiens de mon père. Il le distille avec amour, mais ne regarde pas trop l’aiguille. Pour tout dire, je crois qu’il fait la course aux degrés, un défi avec son frère… Mais c’est un remède efficace contre la ...