1. Aux temps anciens...


    Datte: 13/08/2024, Catégories: aventure, fantastiqu, merveilleu, sorcelleri, fantastiq, merveille, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe

    ... Viviane !
    
    Une bataille faisait rage au-dessus du petit étang. Une grande bataille. Un combat autant épique que terrifiant. Le dernier combat d’Arthur Pendragon à Camlann.
    
    Aujourd’hui, l’on aurait pu parler de film aux effets spéciaux impressionnants de réalisme. Il ne s’agissait pourtant pas de cela. Des images d’une netteté époustouflante survolaient l’eau calme. Des images d’un réalisme étonnant. Des chevaliers d’un autre temps guerroyaient avec une détermination farouche. Des scènes épiques autant que banales se mêlaient étroitement. Le fracas des aciers qui s’entrechoquaient. Les galops sourds des destriers caparaçonnés. Les éclats de voix et les cris. Des hurlements de rage et de douleur, enchevêtrées en plaintes sourdes ou aiguës. Les bruits de la guerre. Mais l’illusion élaborée par Merlin était bien plus qu’une imagerie parfaite. Elle apportait également des senteurs d’herbe tendre et de fleurs de prairie. De lourds fumets de chevaux écumants. Des effluves écœurants de sang, et des odeurs de mort. Les combattants s’écharpaient comme des damnés condamnés à se battre sans autre choix, dans une gorge de rocailles serrée entre deux collines.
    
    Sur chacun des petits monts surplombant la petite vallée se tenaient d’autres combattants. L’un d’eux, un vieillard vêtu d’un long manteau sombre et d’un large chapeau noir, tonitruait des sortilèges en gesticulant. De ses mains tendues vers la bataille naissaient des boules de feu qui volaient vers la gorge. Des flammes et ...
    ... des explosions grillaient et culbutaient les chevaliers en armures, comme les simples hommes d’armes. Sur l’autre colline, une femme enveloppée d’une tunique diaphane immaculée qui ne cachait rien de son corps psalmodiait des incantations en de douces mélopées. Ses longs doigts bougeaient lentement et l’air semblait se figer, avant de se durcir. Des pointes de glace étincelantes filaient alors vers la gorge où les armées combattaient. Là, hommes et chevaux étaient déchiquetés ou lacérés. Certains mouraient debout, empalés par de longues pointes de glace translucide. Les magies faisaient des ravages. Feux et glaces bousculaient et détruisaient des grappes entières d’hommes, éparpillant avec force les ennemis du roi Arthur Pendragon.
    
    — Nous ne l’avons pas sauvé… Nous n’avons rien sauvé ! Pourquoi me montrer cela, Merlin ?
    — Pour te montrer ce que nous étions…
    
    Viviane s’était détournée, abandonnant la fresque si réaliste que Merlin avait créée. Elle ne voulait pas revoir ce drame. Un drame qu’elle n’avait pas oublié. Un échec cruel. Une défaite cuisante entraînant la mort d’un roi, qu’elle avait appris à aimer comme un fils. La fin d’un monde qu’elle n’oublierait jamais et dont elle avait en mémoire chaque détail.
    
    — Des imbéciles ! Des fous ! Nous les avons aidés, et cela pourquoi ? Pour qu’ils se détournent de nous ensuite. Pour qu’ils nous abandonnent, pour adorer des dieux improbables ! Pour qu’ils fassent plus tard de nous de fausses idoles ! Merlin l’enchanteur… ...
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