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Aux temps anciens...
Datte: 13/08/2024, Catégories: aventure, fantastiqu, merveilleu, sorcelleri, fantastiq, merveille, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
Le personnage avait immédiatement intrigué Madeleine Astre. La tenancière et propriétaire du gîte « Les bons gobelins » l’avait trouvé quelque peu étrange, aussitôt qu’elle le remarqua, et ce sans qu’elle sache véritablement pourquoi. L’homme était très grand et d’une minceur proche de la maigreur. Son nouveau client avait le geste lent et fluide et donnait l’impression d’économiser chaque mouvement. Pourtant, il se dégageait du personnage comme une aura de force contenue. À peine sa réservation faite, l’homme avait commandé un grand verre d’eau plate qu’il avait consommé au comptoir. Il avait alors levé et repoussé un haut tabouret de bar de bois massif pour s’y asseoir. Le nouveau venu avait bougé ce siège relativement lourd, comme s’il ne pesait rien. Madeleine était même certaine qu’il ne l’avait tenu que du bout des doigts. Un visage ascétique et des yeux clairs. Un regard un peu fixe et comme perpétuellement pensif. Un nez puissant et légèrement aquilin. Une large bouche mince, perdue dans une broussaille de poils. Barbiche et moustaches paraissaient soigneusement entretenues. Une barbichette épaisse et taillée en pointe. Chevelure et poils, poivre et sel. Cheveux gardés longs aux épaules, sous un large chapeau de vieux cuir noir. Un long manteau qui semblait tissé de lin sombre. Une chemise blanche et large, sur des pantalons de tissu noir. Et, il y avait les bottes. De hautes bottes de cuir noir, façonnées à l’ancienne et parfaitement cirées. Madeleine se souvenait ...
... avoir observé son étrange client avec une drôle de pensée à l’esprit. Si l’homme lui avait demandé de prendre soin de sa monture restée au-dehors, elle n’en aurait pas été plus surprise que cela. Madeleine Astre se sentait fortement attirée par ce récent client. Un drôle de personnage. Elle ne le connaissait pas. Elle ne l’avait même jamais vu. Et pourtant, elle appréciait sa présence. Une présence rassurante, dégagée par un individu que l’on pouvait trouver un peu inquiétant. C’était véritablement étrange. Madeleine avait plusieurs fois engagé une conversation avec ce visiteur si peu ordinaire. À chaque petit déjeuner. C’était par ailleurs la seule occasion qu’elle avait, d’approcher son dernier client en date. Après ce repas matinal, elle ne le revoyait plus qu’au moment où il rentrait pour gagner sa chambre. L’homme ne déjeunait, ni ne dînait jamais. Il prenait chaque premier repas de la journée seul, ignorant les quelques autres personnes qui avaient choisi de passer quelques jours au gîte. Il arrivait dans la salle à sept heures précise, saluait poliment ceux qui étaient là et s’installait à une table en retrait. Il commandait ensuite un menu du matin qui ne variait pas. Un petit pain rond de farine noire coupé en tranches, qu’il tartinait de beurre salé. Un beurre artisanal salé et non demi-sel, et un pain travaillé à l’ancienne, que Madeleine produisait elle-même. Et puis, il y avait cette curieuse habitude que l’homme imposait. Madeleine lui apportait un grand bol ...