-
Un mytho tout en peluche
Datte: 13/07/2024, Catégories: amour, cérébral, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... principes incompréhensibles qu’elle ne comprenait pas. Puisqu’elle avait tout perdu, puisque tout était fini, qu’importait son sort ! Elle préférait disparaître, ne plus exister, périr. À quoi bon vivre si c’était pour endurer un pareil tourment. L’idée qu’elle ne pourrait jamais vivre son amour jusqu’au bout la détruisait. Elle aurait donné tout ce qu’elle avait, sa chair, son sang, pour que son ours soit là et que la connexion se rétablisse… Puis l’amertume et la douleur laissèrent la place à un sentiment de vide. Comme si elle était devenue insensible, inerte. Comme si elle avait été privée de tous ses sens et qu’elle avait été frappée d’une paralysie émotionnelle totale ! Elle avait l’impression de ne plus faire partir du monde qui l’entourait, qu’une vitre épaisse et invisible filtrant les sons et les images l’isolait ! Rien ne pouvait plus la toucher. Pas même l’attention de ses camarades de classe qui avaient essayé de la réconforter durant toute la journée. Elle était rentrée du collège comme un automate, marchant sans même s’en rendre compte, hermétique à tout ce qui l’entourait. Une fois arrivée chez elle, elle s’était directement rendue à sa chambre pour s’y enfermer, en évitant délibérément sa mère qui, à ses yeux, était devenue un bourreau… Une fois la porte refermée derrière elle, la première chose qu’elle remarqua fut l’ours en peluche posé sur son lit. Son pelage propre semblait resplendir. Elle chercha vivement son regard. Dès qu’elle aperçut la ...
... lueur familière briller au fond des yeux braqués sur elle, elle sut qu’il était là, en train de la contempler. Le froid qui la glaçait jusqu’au plus profond d’elle-même s’estompa et lorsqu’elle constata que l’expression de celui-ci ne contenait aucun reproche et qu’au contraire, il était toujours aussi aimant, un immense bonheur déferla en elle. Ce fut comme si son cœur se remettait à battre, son sang à circuler dans ses veines. Tout ce qui l’entourait se recolorisait, s’égayait. Les odeurs familières affluaient à ses narines, les sons chantaient à ses oreilles. Elle retrouvait goût à la vie, son avenir lui paraissait à nouveau radieux, plein de promesses. Elle se jeta sur son lit pour le prendre dans ses bras. Le contact familier, tant désiré, lui insuffla une incroyable vitalité. Elle se sentait à nouveau vivante, vraiment vivante. Elle entendit comme le bruit d’un sanglot et elle se rendit compte que c’était elle qui pleurait de joie. Elle serrait l’ours en peluche dans ses bras comme si elle était le plus précieux des joyaux. Elle était éperdue d’amour, elle bouillait d’impatience. Jamais elle ne s’était sentie aussi réceptive. Pas de doute, se dit-elle le cœur vibrant, cette nuit sera leur nuit de noces ! Lorsque la maison serait noire et silencieuse, il viendrait la rejoindre, s’étendrait près d’elle pour rester à jamais à ses côtés… Elle aurait aimé qu’il soit là, maintenant, tout de suite, qu’il lui chuchote des mots tendres à l’oreille, qu’il la cajole, qu’il ...