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Un mytho tout en peluche
Datte: 13/07/2024, Catégories: amour, cérébral, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... qu’elle s’apprêtait à les donner à sa mère, elle remarqua avec horreur que cette dernière tenait à bout de bras, entre deux doigts, l’ours sacré. — Il est temps de le laver, lui aussi… Affirma celle-ci avec une petite moue dégoûtée aux lèvres. Pendant un instant, elle eut l’impression de se vider de son sang et se mit à trembler de tout son corps. Mais non, il était hors de question qu’elle laisse faire un tel sacrilège. — Pas besoin, il est propre, s’écria-t-elle férocement en tentant d’arracher des mains maternelles, la peluche adulée qui l’unissait à l’amour de sa vie. Celle-ci la remit sèchement à sa place : — Ça suffit ! les enfantillages ne sont plus de ton âge. Il est tard, mets-toi au lit et endors-toi vite. Sinon demain, tu n’arriveras pas à te lever. Bonne nuit… Une fois seule, elle s’effondra sur le lit, le cœur brisé. Elle n’osait pas imaginer ce qui allait arriver. Imaginer son ours dans le tambour de la machine, noyé dans l’eau savonneuse, la dévastait. Tout comme les conséquences dramatiques que cela ne manquerait pas d’entraîner. D’ailleurs, elle ne ressentait déjà plus le lien qui les raccordait l’un à l’autre. Comme si celui-ci s’était rompu, sonnant le glas de leur relation. Jamais elle ne s’était sentie aussi malheureuse. Elle aurait tant aimé qu’il soit là, qu’il lui parle, qu’il la rassure, qu’il l’arrache des pensées horribles qui se bousculaient dans son esprit, qu’il lui affirme qu’il l’aimait et qu’il mette fin à son accablement. ...
... Mais elle était seule, désespérément seule. Alors elle sombra dans le chagrin le plus noir. Comme l’enfant qu’elle était encore, elle pleura toutes les larmes de son corps. Elle n’avait pas envie de penser, pas envie de comprendre, mais simplement d’évacuer sa peine. Elle était perdue, ravagée. Tout lui paraissait terriblement amer et injuste. Pourquoi le destin s’acharnait-il contre elle ? Qu’avait-elle fait pour subir un tel châtiment ? Elle ferma les yeux et s’abandonna à son malheur, en sanglotant silencieusement… Le lendemain matin, elle traîna lamentablement dans son lit avant que sa mère ne la houspille pour qu’elle se lève. Elle ne ressentait plus rien, avait la tête vide, le cœur glacé. Elle n’osa pas entrer dans la salle de bain par peur d’apercevoir à travers le hublot de la machine, le corps inerte de son ours adoré. Elle n’avait plus de perspectives, plus d’avenir. Tout lui paraissait gris, terne, fade, sans espoir, à l’image du goût de cendre qui lui imprégnait la bouche. Durant les heures qui suivirent, sa douleur ne s’atténua pas, bien au contraire. Le chagrin la torturait continuellement et l’empêchait de faire quoi que ce soit d’autre que de regretter amèrement ce qui s’était passé. Elle s’en voulait à mort ne pas avoir pu empêcher cette catastrophe. Elle aurait dû s’interposer, protéger son amour à n’importe quel prix. S’opposer à sa mère. Pourquoi fallait-il toujours que les adultes se mêlent de ce qui ne les regardait pas ? Au nom de règles et de ...