1. Comme une boule de flipper.


    Datte: 18/06/2024, Catégories: fh, banlieue, cave., Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... parents. Aussi bordait-elle les choses de ce côté-là, avec un soin particulier.
    
    Alors elle lui disait :
    
    — Tu sais ma chérie, si t’as un problème, faut que tu m’en parles, hein ? … D’accord ?
    
    Et Corynne rassurait sa maman.
    
    — Bien sûr, Manou, tu sais bien que je te dis tout…
    
    « Et j’suis comme une boule de flipper… »
    
    Elle allait souvent se balader dans son quartier, avec ses anciennes copines du collège, Stéphanie était en BEP à Val de Seine, Sophie en seconde à Jean Zay. Les gars les sifflaient où leur criaient des bêtises pour les draguer, elles riaient parfois ou haussaient les épaules mais ne répondaient jamais.
    
    Elles aimaient bien « traîner » comme elles disaient, se racontant leurs petits « potins », leurs tracas, se faisaient des confidences de filles, Parfois, c’était salé ! Riaient beaucoup… ou ne disaient rien… ensemble, comme avant.
    
    Quand ça lui venait à l’idée, elle avait un petit pincement… Oui beaucoup de choses avaient changé… ou peut-être était-ce elle qui avait changé… Sophie l’avait dit.
    
    — Ouais… mais t’es plus pareille. On dirait que tu fais ta sérieuse…
    
    « j’ai pas l’impression, mais si elle le dit… ? »
    
    Elle aimait aussi traîner seule, les yeux perdus sur les hautes façades grises…« C’est marrant, elles me semblent moins hautes… ? »
    
    « Qui roule… »
    
    Et elle rentrait avec un drôle de sentiment, ne sachant pas si c’était sa banlieue qui foutait le camp… ou elle.
    
    « Et j’suis comme une boule… »
    
    Dans la Cité, quelques ...
    ... mois auparavant, était arrivée une famille au parcours un peu particulier.
    
    Les Zâanoune habitaient le quartier de La Rose au nord de Marseille Meryem y élevant ses quatre enfants, Saïd, Tarik, Nadia et Abdelatif, seule depuis son divorce. C’était une maîtresse femme au caractère trempé, mais pas que…
    
    Les trois frères, petits caïds, cambrioleurs et dealers notoires avaient pour activités principales le trafic de drogue, et le recel, qui, outre quelques « menus » soucis avec la police, leur rapportaient des revenus substantiels à en juger par leurs vêtements de marque à l’élégance périphérique ainsi que leurs grosses voitures de luxe dont ils changeaient souvent.
    
    La bande qu’ils constituaient avec quelques copains et intervenants d’occasion avait des activités multiples et variées qui étaient organisées et orchestrées avec brio et maestria par Meryem, elle-même ! La matriarche délinquante, sorte de « Ma Baker »* des banlieues, conseillait, orientait, encadrait, administrait, blanchissait et plaçait l’argent provenant des trafics de ses enfants.
    
    Ceux-ci ne comptaient plus le nombre de leurs arrestations et avaient déjà eu maille à partir avec la justice à plusieurs reprises, et ce, pour motifs graves, très graves même, puisque Saïd avait été accusé de complicité dans une affaire de meurtre. Meryem l’avait sorti de ce guêpier, qui risquait de lui coûter des années de prison, qu’il avait déjà fréquentée pour de brefs séjours, en achetant le témoignage d’une prostituée qui ...
«12...567...19»