1. Comme une boule de flipper.


    Datte: 18/06/2024, Catégories: fh, banlieue, cave., Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... et du centre-ville… des bourges, quoi ! Le brassage social n’en était pas moins réel. Et la jolie Corynne aimait ça…
    
    Chaque rencontre était un plaisir, il n’y avait ni défiance ni jalousie à son égard, même si elle rencontrait parfois des attitudes plus fraîches, elle se sentait accueillie par ses nouvelles copines avec la même confiance qu’elle les accueillait.
    
    Elle n’avait pas tardé à retrouver son surnom, mais les copines qui l’appelaient ainsi le faisaient par connivence et sans aucune trace de mépris.
    
    « Comme une boule de flipper… qui roule »
    
    Là aussi elle se rendait compte qu’elle attirait le regard des garçons… et elle y trouvait toujours quelque chose d’étrange, comme avant, mais n’y ressentait aucune hostilité ni malveillance… au contraire. C’était agréable. Elle se savait jolie, mais n’en tirait aucune vanité« C’est pas de ma faute, hein ? J’ai rien fait… J’aurais aussi bien pu naître moche, hein… ? Non… ? »
    
    « une boule de flipper… »
    
    Oui, elle était heureuse la belle gosse, même si parfois elle avait l’impression de se coltiner un gros sac de trucs, lourd…lourd… elle ne savait pas d’où elle le tenait ni ne savait ce qu’elle devait faire pour s’en débarrasser…alors c’étaient des coups de cafard qui avaient la violence de chagrins d’enfant et des profondeurs de tristesses de femme.
    
    Dans ses moments-là, elle était sûre, la jolie petite, que sa chanson fétiche à deux sous, ne mentait pas… que c’était elle qui lui disait la vérité.
    
    Les choses, ...
    ... la vie, la maintenaient là, de fonctionnement en fonctionnements, dans la grande bécane à laquelle elle ne comprenait pas tout, contrainte, d’agir, d’interagir, « comme une boule de flipper », qui devait cogner, mitrailler, faire clignoter les signaux, déclencher ce qui devenait une obsédante musique, tintements, klaxons, sirènes, claquements qui faisaient que les yeux rivés au compteur tu ne pouvais plus penser à rien d’autre… Extra ball ? Partie gratuite ? Autre chose qu’on te faisait miroiter… te faisant croire que tu l’avais, là, à portée… Au bout de tes doigts… « Same player shoot again »…
    
    Avant d’être avalée par le bas…
    
    Dans ces moments la jolie petite boule de flipper sentait sa gorge se nouer et des larmes emplir ses yeux…Elle s’enfermait alors dans sa chambre, non qu’elle en voulait à tout le monde et ne voulait voir personne…« C’est pas de leur faute, hein ? » Elle avait seulement la pudeur de ne pas imposer à qui que ce fût le spectacle de son chagrin et de sa détresse. Ça durait un moment, parfois la journée… puis, sa jeunesse impétueuse et son caractère heureux reprenaient le dessus… et ça repartait.
    
    Ces moments-là, plongeaient Mylène dans l’inquiétude :
    
    « Notre Corynne serait bien en train de nous faire sa crise d’adolescence, ma pauvre petite chérie… ! »
    
    Elle avait lu dans les nombreux magazines qu’elle feuilletait que le problème « number one » que rencontraient les adolescents en crise était le manque de compréhension et de dialogue avec leurs ...
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