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Comme une boule de flipper.
Datte: 18/06/2024, Catégories: fh, banlieue, cave., Auteur: Iovan, Source: Revebebe
C’était Papa Jean-Luc qui avait choisi son nom… Quand elle était « tombée enceinte » Mylène avait plutôt dans l’idée Fabienne, ou Cédric, pour son premier bébé… mais après de longues, âpres et tendres discussions, devant la première échographie, Maman, des larmes de bonheur plein les yeux de savoir qu’elle attendait une petite fille, avait trouvé qu’« écrit comme ça, avec un «y» ça faisait chic », et rendit les armes et Corynne s’appela Corynne. Elle devait son prénom à une chanson que Jean-Luc, son père, écoutait en boucle depuis qu’il était adolescent, c’était sa chanson fétiche : « Comme une boule de flipper » de Corynne Charby, jolie chanteuse, des années quatre-vingt, à la carrière météore, dont il était secrètement éperdument amoureux quand il avait quinze ans. La ritournelle avait bercé toute l’enfance de la petite fille et faisait maintenant quasiment partie de son patrimoine génétique… Sans même y penser lui venaient les premiers mots du refrain : « Et j’suis comme une boule de flipper… qui roule… » qu’elle chantonnait, la répétant comme un mantra… Corynne, en grandissant, était devenue une très jolie jeune fille. De ses ascendances normandes elle avait hérité sa blondeur, ses yeux bleus de lin et son teint de lait et de sa mère ardéchoise elle avait ce joli corps à la sensualité nerveuse et déliée qui faisait déjà se retourner bien des hommes… Elle avait, de surcroît, un caractère empreint de douceur, enjoué et gai qui faisait d’elle la copine ...
... que toutes ses petites camarades de classe de l’école primaire Robespierre recherchaient. Comme son père le proclamait avec fierté, Corynne était une « adorable petite fée ». Mère Nature avait été généreuse et s’étant penchée avec bienveillance sur son berceau, avait gâté la « petite fée », fierté de ses parents, et la petite Corynne qui grandissait et embellissait chaque jour, était heureuse au milieu de sa famille et de ses amis. Il existe cependant des endroits où être un peu trop gâtée attire à la longue, immanquablement ire et sanction… et la jolie Corinne qui avait vécu ses premières années à Saint-Étienne-du-Rouvray, au Château Blanc, dans cette banlieue près de Rouen, commença à s’en rendre compte, sans toutefois tout comprendre… « Une boule de flipper…qui roule… » Sa sixième au collège Pablo Picasso l’avait enchantée, elle aimait cette liberté qu’offraient les changements de salle, les va-et-vient dans les couloirs, les nombreux profs… tout ce monde, c’était génial ! Elle se sentait presque une grande. Ses résultats en classe étaient brillants et elle aimait toutes les matières avec une petite préférence pour l’anglais. Elle s’était bien fait traiter d’« intello » à plusieurs reprises par Nassima et sa petite bande, qui l’appelaient aussi « Boule de flipper » à cause du petit refrain, mais ce n’était pas grave, elle s’en fichait. Pourtant, plus le temps passait, elle était maintenant en quatrième, plus elle se sentait en bute à une hostilité qui lui ...