1. Comme une boule de flipper.


    Datte: 18/06/2024, Catégories: fh, banlieue, cave., Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... savait les méandres torves que peuvent prendre certains « codes de l’honneur » dévoyés par des crapules embrassa sa fille en lui disant :
    
    — T’es pas une balance, tu sais, ma chérie ! Tu l’empêches de faire du mal à d’autres !
    
    L’affaire fut réglée en quelques secondes… Jean-Luc ne ferma pas les mains comme il l’aurait fait avec un adulte. C’est avec des gifles qu’il infligea la correction… mais cela ne faisait pas de doute : « ce petit trou du cul » s’en souviendrait.
    
    Corynne termina brillamment ses années collège, trois fois félicitée pour ses résultats et son travail au cours de son année de troisième, elle fut appuyée par le conseil de classe du dernier trimestre dans sa demande d’intégrer une seconde en section européenne au Lycée des Bruyères à Sotteville, classe dans laquelle elle fut immédiatement admise.
    
    Comme chaque année, elle passa ses vacances d’été chez Mémé et Pépé, « la mé pis le pé à Jean-Luc »*… à Criquetôt-la-Marnière, près de Barentin en pleine campagne.
    
    Elle adorait ses grands-parents et eux étaient fous de leur unique petite fille « qu’était une si gentille » tite baisote* … et pis belle, avec ça ! »… Mémé et Pépé lui parlaient en Cauchois, lui racontaient les histoires du pays « dans l’temps », la guerre, les « Boches et pis les Ricains », l’enfance de son père…
    
    — « Et, j’suis comme une boule de flipper… »
    — Ah, bah ! Tu la chantes oco », celle-là… ? I’ nous ja t-i’ pas s’riner, tô pé, avec cha… ! Aquau qui s’y mettait, ah bah, tu ...
    ... l’arrêtais pus… ! Nous ja tis rien câché é machins pou’ êt’ poli… Oh ! Oh !!
    
    Et Pépé rigolait…
    
    Elle allait se promener dans les chemins creux bordés de hêtres, allait passer des après-midi chez sa copine Lydie, au village, elle accompagnait Mémé traire les trois vaches dans le champ avec la petite carriole pour traîner les deux brocs de galva.
    
    Et le soir dans sa petite chambre en haut de l’escalier de meunier, elle se caressait, se mordant les lèvres pour ne pas crier.
    
    Elle s’ennuyait bien parfois un peu de ses copines, de son quartier et de ses hautes façades de béton… de l’école. Mais son caractère facile reprenait vite le dessus et elle se trouvait mille raisons d’être heureuse là où elle était.
    
    Papa et Maman venaient passer les week-ends à Criquetôt…« on n’était pas bien, là, tous les cinq… ? », jamais Pépé et Mémé n’étaient aussi heureux…
    
    Cette année encore, ce fut un enchantement…
    
    Et vint septembre.
    
    Cette rentrée eut pour la mignonne un impact semblable à son entrée en sixième, tout ce qu’elle découvrait dans le « Bahut », comme disaient les « anciennes »… tout lui plaisait et l’enthousiasmait… Elle eut l’impression de faire un bond impressionnant vers quelque chose de fort et merveilleux…« l’âge adulte… tu crois… ? »
    
    « Comme une boule de flipper… »
    
    Sa classe de seconde était constituée d’élèves brillants provenant de tous horizons, même si la majorité d’entre eux provenait des quartiers chics autour du lycée, certains même venant de Saint-Sever ...
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