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Histoire des libertines (106) : Sophie Arnould et Françoise Raucourt, les grandes libertines
Datte: 16/05/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... fait représenter un drame de sa création, en trois actes et en prose, sur la scène de la Comédie-Française, intitulé « Henriette ou La Fille déserteur ». Elle y interprète le rôle principal, celui d'une femme travestie en officier ! Elle éprouve en 1784 une vive passion pour l'actrice Louise Contat (1760-1813), qui jouera le rôle de Suzanne dans « le mariage de Figaro » et dont elle paie les dettes, sans pour autant en obtenir les faveurs. Très royaliste, Françoise fait partie, sous la Révolution française, des acteurs du Théâtre-Français emprisonnés en septembre 1793 à la prison Sainte-Pélagie. Elle échappera de peu à la guillotine. En prison, elle rencontre Marie-Henriette Simonnot-Ponty, dite Madame de Ponty, avec laquelle elle commence une liaison et qui sera sa compagne jusqu'à la fin de sa vie. En 1799, Françoise Raucourt réintègre la Comédie-Française. En 1801, chargée de recruter une élève pour la Comédie-Française, elle prend en charge la formation de Marguerite-Joséphine Weimer (1787-1867), qui deviendra « Mademoiselle George ». Intime de Joséphine de Beauharnais, qu'elle a connue lors de son incarcération sous la Terreur, Françoise présente au couple Bonaparte sa jeune élève, qui devient quelque temps après la maitresse de Lucien Bonaparte (qui aurait négocié avec mademoiselle Raucourt les faveurs de la belle débutante), puis, en 1803, celle de Napoléon. À l'avènement du Premier Empire, la Raucourt règne à la Comédie-Française dans la gloire de son ...
... passé. Grace au soutien de Joséphine, l'empereur lui confie en 1806, l'organisation des spectacles français en Italie. La tournée en Italie n'est pas un grand succès. En 1801, elle devient la châtelaine du château de La Chapelle-Saint-Mesmin près d'Orléans, officiellement acheté par sa compagne Henriette. Depuis son retour d'Italie et avec l'arrivée de la vieillesse, Françoise Raucourt était devenue très pratiquante. Elle annonce sa retraite formelle de la Comédie-Française pour le 1er avril 1815 et décède le 15 janvier 1815. *** Bien que considérées par l’Église et la « bonne société » comme des pratiques déviantes, les relations amoureuses entre femmes n’étaient pourtant pas rares à la veille de la Révolution. Les idylles saphiques et les débauches de Françoise alimentèrent la chronique scandaleuse, suivie avidement par le bon peuple de Paris. Cette femme émancipée et provocatrice, cet électron libre qui prenait ses distances avec la gent masculine, exerçait sur ses contemporains une incontestable fascination, mêlée de répulsion. La Raucourt a toujours conservé son mode d’aimer et sa liberté toute sa vie, y compris dans un contexte nettement moins favorable aux femmes aimant les femmes : celui de la Révolution française. Il ne faisait alors pas bon, sous le règne de la Terreur et de la Vertu, d’être « tribade ». On peut par exemple rappeler les outrages abominables que le peuple de Paris fit subir lors des Massacres de Septembre au corps et au sexe de la Princesse ...