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Histoire des libertines (106) : Sophie Arnould et Françoise Raucourt, les grandes libertines
Datte: 16/05/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... triomphe lors de la première soirée. De représentation en représentation, l'enthousiasme à son sujet ne fait que croître. Elle est présentée à Marie-Antoinette, encore dauphine de France, dès janvier 1773 à l’issue d’une représentation, à laquelle Louis XV en personne a assisté. Dans ce milieu dissolu, où règnent la débauche et la luxure, la jeune fille perd rapidement son innocence. Dès le départ, de riches et puissants protecteurs lui proposent des sommes considérables en échange de ses faveurs : • Le roi Louis XV en personne avec la complicité de Madame du Barry, qui reprend ainsi le rôle qu’assumait la Pompadour à la grande époque du « Parc aux cerfs ». Le roi et sa favorite auraient fait de la Raucourt leur maitresse, dès le soir de la représentation de janvier 1773 ! • Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne (1728-1792), prince de Bouillon et grand chambellan de France ; • Louis-Joseph de Bourbon (1736-1818), le dernier prince de Condé ; • Emmanuel-Armand duc d'Aiguillon (1720-1788), qui fut ministre des Affaires étrangères de 1770 à 1774, à la fin du règne de Louis XV, constituant avec Maupeou et Terray le triumvirat qui tenta de vaincre la résistance des Parlements à l’autorité royale. Françoise choisit en définitive François-Georges Mareschal, marquis de Bièvres (1747-1789) qui lui donne 40.000 livres pour payer ses dettes, lui assure en janvier 1774 une rente viagère de 6.000 livres plus 1.500 livres par mois pour le courant de sa maison ...
... ! Françoise Raucourt a la réputation, comme beaucoup d’autres comédiennes, de se prostituer et d’être une « femme galante ». On lui connaît de très nombreux amants et protecteurs. Mais elle s’affiche aussi très librement avec des femmes réputées « à femmes » et se fait envoyer des actrices chez elle par Mme Gourdan, une célèbre entremetteuse qui tient une « petite maison » à Paris. Elle admet des voyeurs lors de ses ébats saphiques et s’affiche sans aucune honte aux bras de ses maîtresses. Dès 1774, des bruits commencent à circuler sur ses aventures féminines. Elle quitte le marquis Bièvres au bout de quelques mois pour nouer une liaison avec Sophie Arnould ! Celle-ci pousse Françoise dans les bras de sa maîtresse de l’heure, « mademoiselle Virginie », jeune chanteuse de l’opéra. Grâce à de nombreux protecteurs, Françoise mène alors un train de vie très luxueux, avec une maison de campagne, un hôtel particulier à Paris, des tableaux, des livres, des bijoux, des robes à profusion. En novembre 1775, la « Correspondance littéraire, philosophique et critique » la désigne sous le nom de « Galathée », comme la grande-maîtresse d'une « Loge de Lesbos » dont les assemblées mystérieuses sont consacrées aux « amours saphiques ». En 1777, le polémiste Mathieu-François Pidansat de Mairobert (1727-1779), dans son ouvrage « L'Espion anglais », fait de Françoise la présidente d'une prétendue « secte des Anandrynes », société secrète lesbienne qui aurait été réservée à l'aristocratie ...