1. Histoire des libertines (106) : Sophie Arnould et Françoise Raucourt, les grandes libertines


    Datte: 16/05/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... château normand de Lassay, près de Trouville. Ils affichent leur liaison, nous dit Joëlle Chevé, « dans des fêtes somptueuses, des parties de chasses fougueuses, des nuits ardentes et tumultueuses. »
    
    Sophie et Lauraguais vivent une vraie passion, même si, en même temps, le Duc entretient sa maîtresse et va finir par la rémunérer, comme une courtisane. De cette relation tumultueuse, marquée par des ruptures et des réconciliations, naquirent quatre enfants, dont Antoine-Constant de Brancas (1764-1809), colonel du Premier Empire, mort à la bataille d’Essling. Un matin de 1761, à la suite d’une brouille, Lauraguais quitte Paris. Sophie met aussitôt les bijoux et leurs enfants dans un carrosse, et envoie le tout à l’Hôtel de Lauraguais. En réponse, le Comte lui fait parvenir une rente viagère de deux mille écus.
    
    Malgré cela, Sophie est assaillie par ses créanciers. Elle quitte un moment Lauraguais pour Auguste Bertin de Blagny (1725-1788), riche « trésorier Général des revenus casuels et intendant des deniers des Ordres du Roi » depuis 1758. Bertin paie ses dettes et l’entretient. Lauraguais rembourse à Bertin tous les frais qu’il a pu faire, afin de récupérer sa maîtresse. Leur liaison se poursuit quelques temps, mais est émaillée de disputes, de fâcheries, de raccommodements. Lauraguais ne peut exiger l’exclusivité de la part de la courtisane. Et pourtant il se montre jaloux. De la même manière, elle vit mal les multiples liaisons de son amant.
    
    Sophie tient salon, ...
    ... où se bousculent les célébrités, comme Voltaire, Chaptal, Diderot, Rousseau, D’Alembert, Lucien Bonaparte, Beaumarchais, Benjamin Franklin, Gluck, Barras, l’architecte François-Joseph Bélanger et d’autres, philosophes, scientifiques ou lettrés. Ce brillant salon fit que Sophie fut souvent comparée à la belle Aspasie de Milet, hétaïre et compagne de Périclès (voir « Histoire des libertines 2 : le temps des hétaïres », publié le 19 août 2017).
    
    François-Joseph Bélanger (1744-1844), célèbre architecte qui réalisa notamment le château de Bagatelle pour le comte d’Artois, fut son amant, ainsi que les futurs Directeurs Paul Barras (1755-1829) et François de Neufchâteau (1750-1828), alors jeune poète, lequel la considère comme « la plus grande actrice de l'Europe ». Sophie est très courtisée, en particulier par le prince Charles-Alexandre d'Hénin (1744-1794), un parent de Pierre d'Alsace, le protecteur de François, et elle s'amuse probablement des soupirs du jeune poète. La relation d’Hénin avec Sophie Arnould, alors que sa femme avait une liaison avec le chevalier de Coigny fit scandale dans la haute société. Hénin va entretenir sa maitresse sur un grand pied.
    
    Les amants se succèdent tout au long de la carrière de comédienne et de courtisane de Sophie : François Racine de Monville (1734-1797), grand maitre des Eaux et Forêts. Il y eut aussi son « friseur », Lacroix, ou encore d’André-Claude, marquis de Chamborant, colonel du deuxième régiment de hussards. Sophie eut d’autres ...
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