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Périple en camping-car 11 : Les deux frères
Datte: 11/05/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Yan Loutort, Source: Hds
... devant avec Rocky, suivi sur son tracteur, par le paysan bourru, mais bien serviable. Pas besoin de forcer le train, au contraire, le Pony n’est pas un avion. Arrivé au camion, l’homme fait demi-tour et descend du tracteur. - « Ah mince ! J’ai point pris d’chaîne ! - Ne vous inquiétez pas ! J’ai une sangle ! Ça devrait le faire. » Pendant que j’attache un bout au crochet que j’ai vissé devant le pare-choc, l’homme observe mon « camion » - C’est un bel engin que vous avez là ! - Oui. Il est pas mal. Bon là, je l’ai un peu sali en manœuvrant, c’est quand même assez lourd et je n’avait plus d’adhérence sur les roues motrices. - Ça doit coûter bonbon vot’ truc. - Cent trente mille euros à peu près. - Ah quand même ! - C’est pour ça que je n’ai pas voulu forcer, de peur de l’abîmer. Bon, ça y est. Vous voulez bien reculer que j’attache à votre tracteur ? - OK. - Je pense qu’il sera vite sorti. Quelques mètres et ça ira. - C’est sûr ! - Je vous ferai signe quand je roulerai. - Vous êtes habitué à être en remorque ? - J’ai travaillé dans le bâtiment autrefois, ça arrivait souvent sur les chantiers avec les camions ! » Il ne dit rien et monte sur son engin. Je m’installe au volant. A mon signe il démarre. Un peu fort à mon goût, mais la manœuvre est efficace et je me retrouve vite droit sur le chemin. J’avance sans son aide et je lui fais signe, mais l’homme continue, comme si de rien n’était. Je suis obligé de calquer ma vitesse sur la ...
... sienne pour ne pas donner d’à-coups à ma sangle, au risque de la casser. On continue comme ça, à petit rythme, jusqu’à la ferme. L’homme entre même directement dans la cour. Enfin il s’arrête. Je descends et je défais la sangle. L’homme a arrêté son tracteur et le laisse comme ça au milieu de la cour. Pas très soigneux le type, à l’image de sa ferme. Je range la sangle dans la soute en me disant que je la nettoierais plus tard. Avant de partir malgré tout, je tiens à remercier mon sauveur. - « Merci beaucoup monsieur ! Combien je vous dois par le dérangement ? - Oh ! Petit dérangement. Il ne se passe pas grand-chose par ici, ça m’a distrait un peu. - Tout de même ! - J’ veux rien voyons ! - Je vous donne cinquante euros. Ça ira ? - Ah non hé ! J’veux pas d’argent ! - Je vais vous donner quelque chose quand même ! » J’ouvre un coffre sur le côté et je prends une boîte de foie gras que je gardais pour Noël. J’en trouverai bien une autre en route. « Tenez, C’est du foie gras de chez moi. Je suis du Pays Basque. - Ah ben dis-donc ! J’dis pas non. Vous prendrez ben un café ? » Je sais que dans ces cas-là, refuser serait un affront. Même si le café « maison » est souvent une infâme lavasse, je suis bien obligé d’accepter. Je fais sortir Rocky et je vais pour suivre le paysan. - « L’est ben beau vot’ chien ! - C’est un Husky. Un chien du grand Nord. C’est mon compagnon de voyage. » Nous entrons et Rocky part faire un tour dans la ferme. « Ne ...