1. Périple en camping-car 11 : Les deux frères


    Datte: 11/05/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Yan Loutort, Source: Hds

    Quand la route s’éloigne de la côte, je cherche toujours un chemin qui s’en approche. Après les Grandes Dalles, au nord de Houlgate, je m’engage sur un chemin côtier qui borde la Manche. Au fur et à mesure que je m’enfonce, il devient moins carrossable. Je cherche un endroit pour faire demi-tour. Ne trouvant rien, je tente de manœuvrer. J’ai quasiment rebroussé chemin, lorsque mes roues arrières patinent. Je tente vainement de me dégager, mais rien n’y fait. Il ne manque pas grand-chose, mais impossible de me retrouver sur le chemin.
    
    La nuit tombe et je décide de rester comme cela jusqu’au matin. Je n’ai pas l’avant du camping-car face au vent, mais celui-ci n’est pas fort et j’espère qu’il ne le sera pas jusqu’au lendemain.
    
    Malgré cela, la vue est superbe. Je suis seul au monde. Je lâche Rocky et lui indique qu’il peut aller courir. Je n’ai aucun souci. Il reviendra quand il le voudra. Je lui prépare une bonne gamelle d’eau. Pour les croquettes, j’attendrai un peu après son retour, quand il aura récupéré de sa course. Ce n’est pas bon qu ‘il mange aussitôt après l’effort, surtout qu’il avale tout en quelques secondes.
    
    La nuit est calme. Au matin il fait beau. J’attelle Rocky au vélo, je ferme le camping-car et nous reprenons le chemin en sens inverse. Il m’avait semblé apercevoir une ferme à un ou deux kilomètres, le paysan devrait pourvoir me sortir de ce mauvais pas.
    
    La ferme n’a pas l’air très grande ni en très bon état, mais dans la cour il y a un petit ...
    ... tracteur qui devrait faire l’affaire. Je fais le tour et je ne trouve personne. Je frappe à la porte, personne non plus ne répond. J’entends du bruit dans une grange. Je me dirige vers là.
    
    - « Il y a quelqu’un ?
    
    - Qu’est-ce qu’il y a ?
    
    - Bonjour Monsieur.
    
    - Bonjour. » - Plutôt bougon le personnage- « C’est pourquoi ?
    
    - Excusez-moi de vous déranger. Je me suis embourbé un peu plus loin sur le chemin. Vous serait-il possible de me tracter. Il ne faut pas grand-chose…
    
    - Ah ces parisiens ! Ils savent rouler que sur la route !
    
    - Je ne suis pas parisien et j’ai un peu l’habitude des chemins et de la boue, mais il n’y avait aucun endroit pour faire demi-tour. J’ai presque réussi, mais...
    
    - Bon, bon. On va voir ça. Vous avez cinq minutes ? Je dois finir la traite.
    
    - Aucun problème, j’ai tout mon temps » L’homme se remet au travail et je le regarde faire. Je prends quelques photos avec mon téléphone. « Ça ne vous dérange pas si je prends des photos ? On ne voit plus beaucoup de monde traire à la main.
    
    - Ouais, ouais, faites. Chez nous on a toujours fait comme ça et ce n’est pas pour quat’ vaches qu’on va s’acheter une machine à traire. C’est bien vrai ! Non ? Sa réflexion me rappelle de la publicité de la mère Denis dans les années 80 et me fait rire.
    
    Dix minutes plus tard, l’homme a fini son ouvrage.
    
    - « Bon. J’vais porter l’seau dedans, et on y va. »
    
    L’homme démarre son tracteur. Une antiquité, mais dont le moteur part au premier coup.
    
    Je pars ...
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