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Aknor
Datte: 04/05/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, historique, aventure, sf, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... le clapet peut s’ouvrir et les premières images nous parviennent. — Ha-ha ! Tu t’es planté ! — Non ! — Comment non ? Regarde, il est en pleine jungle… — Oui, mais je ne me suis pas planté. Ce sont les coordonnées exactes du pas de tir d’où nous sommes partis. — Ben merde… —Shit… Grand silence, puis conversations à voix basse qui enflent au fil des minutes. Nous entrons progressivement dans la nuit, comme à peu près toutes les heures et demie. J’enclenche les caméras, normale et infrarouge. Rien en vision normale, pas de lumières. C’est plus que bizarre, autrefois, les villes étaient illuminées «a giorno » et on voyait très nettement toutes les concentrations de population. Tout juste si, en repassant les images, nous parvenons à détecter quelques points lumineux qui pourraient indiquer une présence humaine, et encore. En infrarouge, on détecte tout de même certaines concentrations de points chauds, mais extrêmement limités. L’inquiétude nous gagne.Brainstorming… — Hypothèse 1 : il y a eu un conflit, genre nucléaire, et tout le monde vit enterré. — Hypothèse 2 : on s’est gouré de planète, ce n’est pas la Terre, mais une jumelle pas encore très peuplée. — Hypothèse 3 : ??? — Alors, vérifions les 1 et 2. Explorer interrogé sur la composition de l’atmosphère ne détecte pas de radioactivité, si ce n’est la très faible radiation naturelle. En outre, l’air est pratiquement pur, exempt de toute pollution d’activités industrielles, de transport ou de chauffage. En ...
... bref, une planète d’avant l’ère industrielle. Par ailleurs, les instruments de bord sont formels : nous sommes bien revenus à notre point de départ, aucun doute, il s’agit bien de la planète Terre. La perplexité croit, jusqu’à un cri, presque un hurlement : — Regardez ! Regardez l’horloge atomique ! Nous avons mis soixante-douze ans, deux mois et seize jours pour atteindre Aknor. Nous y sommes restés six jours et nous n’avons donc mis qu’un an, huit mois et trois jours pour en revenir. — Incroyable, elle déconne… — Attends, il n’y a rien de plus fiable que ça. L’affaire se complique. Ça confirmerait mon sentiment au réveil de n’avoir pas dormi longtemps en hibernation. Mais là, nos petites cervelles semblent un peu dépassées. Nous voilà dans les choux ! Ultime solution, mettre toutes les données dans le supercalculateur du bord, une machine de type neuronal à intelligence artificielle, le genre d’engin auquel je ne me fie qu’à moitié, et encore, juste les mauvais jours. Le résultat tombe quelques minutes plus tard : «trou de ver à travers une courbure de l’espace-temps ». Conséquences ? «impossible de fournir une date terrestre précise. Estimation : huitième siècle apr. J.-C. ». On n’est pas dans la merde, c’est peu dire. Aussitôt, les questions fusent, la plupart ne pouvant pas être résolues par la machine. À l’exception de celle de Niroko : — Pourquoi ce phénomène s’est-il passé au retour et pas à l’aller ? — Réponse : «la manœuvre manuelle effectuée pour éviter ...