1. Rêves d'ailleurs


    Datte: 27/04/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... ne peux pas aller passer quelque temps chez tes parents, par exemple, pour changer d’air ?
    — Ah non ! Retour à la ferme, dès que tu es un peu tranquille, il y a toujours quelqu’un pour te dire qu’il y a de l’ouvrage et pas de temps à perdre. Une journée pour la compta mais pas plus. Et toi, tu pars ?
    — Je vais sûrement aller en Normandie, pour ne pas changer. Mardi en principe.
    — Ah ouais, la maison de tes parents, c’est ça ?
    — Oui. En fait, c’est la maison de mes grands-parents maternels. Ma mère est normande, mon père auvergnat, de Clermont. C’est pour ça qu’ils ont vécu dans la Sarthe, en terrain neutre. C’était aussi une petite ferme, ils élevaient des vaches laitières. Normal en Normandie : plus de vaches que d’habitants ! Et puis la ville proche grossissait, leurs terres qui donnaient sur la mer étaient très convoitées. Ils ont pris leur retraite et vendu parcelle par parcelle des pâturages à prix d’or. La vieille ferme est en pleine ville maintenant, rue de la Corniche, et ils ont laissé un beau pactole à ma mère.
    — Ah dis donc, super !
    — Quand mes parents ont voulu s’y installer, ils ont fait faire une toiture à la Mansart, avec trois chambres et salle de bain, un grand salon traversant au rez-de-chaussée. Et j’ai donné un coup de main à mon père pour construire un garage attenant dont le toit sert de terrasse à l’étage. Vue sur mer imprenable puisque c’est la falaise de l’autre côté de la rue.
    — Quelle chance ! Mais pourquoi sont-ils partis dans le désert ...
    ... ?
    — Je ne sais pas, une lubie. En fait, ils y sont allés en vacances et le Maroc les a fascinés. Il faut dire que la chaleur n’y est pas du tout comme ici. Ici on étouffe au-delà de vingt-cinq, là-bas, trente-cinq est très supportable avec le vent et l’air très sec. Et puis ils ne partent pas seuls mais avec des amis, ils ont l’air contents.
    — Décidément, tout le monde se barre. On va rester tous seuls, mon pauvre Jérôme, les derniers des Mohicans.
    — Mouais, l’exotisme ne me tente pas. Un peu de tourisme, pourquoi pas, mais je suis bien là. J’y reste.
    — T’as raison. Courir après quoi, ou fuir quoi ?
    — C’est le problème de chacun.
    — Sur ces bonnes paroles, je vais débarrasser et je vais rentrer dans ma fournaise.
    — Laisse, je t’en prie, je suis en vacances, j’ai tout le temps.
    — Hé hé ! Moi aussi.
    
    Avec promptitude et vivacité, elle débarrasse la table en un tournemain et fait tourner le lave-vaisselle. J’éteins les photophores et je ferme les volets roulants. Puis je lui présente sa veste qu’elle enfile, mais elle se retourne, le regard bizarre et la voix enrouée.
    
    — Jérôme, j’ai pas envie de partir… Jérôme… fais-moi l’amour…
    — Oh là ! Où tu vas, toi ? Tu as trop bu.
    — Nan ! Je sais de quoi j’ai envie. Et j’ai très envie de toi.
    — Et Cédric, dis-je hypocritement et sans conviction.
    — Cédric est à sept mille kilomètres en train de s’amuser avec copains et copines autour d’un barbecue. Laisse tomber. Y a six mois que je suis en friche et j’ai envie de baiser. Toi ...
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