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Invisible
Datte: 01/04/2024, Catégories: ff, inconnu, rencontre, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... embrassait son mari, son compagnon ? Comment lui expliquer qu’elle doit prendre soin de cet amour qui la rend belle ? Je ne veux pas de son argent. Elle vient de me donner mille fois mieux… un gâteau, mais aussi un peu d’attentions. Dans la barquette : deux pommes ; une banane ; et comble de la richesse, une baguette de pain. Une semaine de survie dans ces quelques aliments qui sont stockés ailleurs que dans les déchets. Me voici riche et ivre de plaisir. Mais j’ai mauvaise grâce à récupérer cette manne. La faim l’emporte sur les tergiversations. Sous la pile du pont qui m’abrite du vent, je savoure la mie et croque la croûte. C’est si rare, un plaisir sans borne et des remerciements muets pour cette Virginie inconnue. Mes pas me guident vers sa lumière. Je vois son minois qui guigne la rue. Elle attend quoi ? Son homme qui va rentrer, qui est en retard ? Et si comme le mien… il ne revenait plus ! Avec les hommes, il faut toujours se méfier. Je suis là, à fixer ce châssis de bois qui troue la nuit d’une lueur jaune. Son visage se découpe dans l’encadrement et le bruit de pas sur mon trajet… Une patte qui se pose sur mon épaule crasseuse. Le sursaut que l’on ose me toucher de la sorte. Mince, alors ! Je ne vais pas être agressée là, devant chez elle ? — Vous êtes Lydie ? — Hein ? Quoi ? — C’est vous la Lydie dont Virginie m’a parlé hier soir ? — Elle vous a parlé de moi ? Mais… pourquoi ? — Je n’en sais rien… mais venez, ne restez pas là ! La nuit va être ...
... glaciale. Qu’est-ce qu’il me raconte ce type ? Où veut-il que je le suive ? C’est machinal, instinctif ! Je lui emboîte le pas et il se dirige tout droit… vers ce lieu où j’ai tant de souvenirs. Pas tous bons du reste. Derrière la porte elle est là qui me sourit. — Oh ! Lydie. Comme je suis heureuse de vous revoir. Vous avez trouvé ma petite contribution personnelle ? — … Les fruits et le pain, c’est bien de cela que vous parlez ? — Oui… mais venez, ne restons pas dans l’entrée. N’ayez pas peur, ça fait si longtemps que je vous vois scruter nos fenêtres. Je me suis toujours dit qu’il devait bien y avoir une bonne raison à cela. — … je… pardon ! Mais je ne comprends pas bien pourquoi vous faites entrer une clocharde chez vous ? — Sous les habits, même vieux et râpés, il y a bien une belle personne, je me trompe ? Et puis… votre insistance à revenir soir après soir devant notre appartement, j’ai fini par vous remarquer. — Je vais salir votre joli intérieur… — Mais non ! Et puis faites comme si vous étiez chez vous. Vous savez, j’ai connu moi aussi la misère et la vie un peu… en marge. Pour d’autres raisons, mais… — Vous vous en êtes bien sortie alors. Il me semble que je sens très mauvais… — Oh ! Une bonne douche… et tout devrait rentrer dans l’ordre non ? Ça vous tente une douche ? — Vous pensez ! Si ça me tente ? Mais même pour avoir un peu d’eau chaude, dans la rue, il faut de l’argent. — Eh bien, pas chez nous, n’est-ce pas mon doudou ? Et puis si j’en juge par ce ...