1. Artiste… Mon cul, oui ! – II


    Datte: 17/02/2024, Catégories: fh, nonéro, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe

    ... peindre que j’connaissais la forêt comme ma poche ! J’suis p’tête pas une artiste, mais j’me suis jamais perdue. Bon, faut vraiment que j’redescende. Salut, M’sieur lastar oufe coulaure.
    
    Pas le temps de réagir qu’elle était déjà devant la porte.
    
    — Merci, dis-je tout bas.
    — Pas d’quoi. L’plaisir, c’est pour moi. À une prochaine, la star.
    
    J’ai passé le reste de la journée à tout nettoyer de fond en comble. Étrangement, bien que j’avais une faim de loup, après avoir fait le tour du garde-manger qui était aussi vide que mon estomac, plutôt que de me faire une poêlée des champignons que j’avais mis en bocaux, j’ai préféré me coucher sans manger.
    
    Le lendemain matin, l’estomac plein d’avoir bu un litre d’un délicieux café et d’un croissant pas si rassis que ça, je suis descendu au village.
    
    — Dediou ! Un r’venant, m’accueillit l’épicière.
    — Bonjour, la saluai-je.
    — T’est pas bin gras, mon gars. L’était temps qu’tu viens. Bouges don pas d’là, j’va t’faire reprendre du poil de la bête, moi.
    
    Je l’ai regardée déposer sur le comptoir quatre kilos de farine, deux de sucre, un kilo de café et trois bouteilles d’huile sans oser bouger.
    
    — Ça, ça r’donne des couleurs et ça réchauffe quand y’fait plus froid dedans que dehors, me dit-elle après avoir déposé deux cartons de six bouteilles de vin. Et ça, c’est pou’ bin digérer et tuer les crobes. Un bon godet après chaque repas et t’es jamais malade. L’vieux y s’en siffle six par jour, et crois-y-moi ou pas, mais le ...
    ... r’hume ou la grippe, y connaît pas. Et y court et choppe encore les poules, l’salopard !
    
    Si depuis peu je connaissais la fille, de voir la mère si énergique et autoritaire me médusa. J’étais incapable de sortir un mot.
    
    — Faut des fayots aussi. Et d’la patate. Pis du bocal, pas d’ces saloperies qu’y vendent en s’conservent. D’la merdouille en ferraille, ça ! Rien n’vaut les bons légumes d’la Paulette. Pis ça… et ça… et ça.
    — Euh, c’est gentil, mais je ne vais jamais pouvoir porter tout ça, dis-je en regardant tout ce qu’elle venait d’empiler sur le comptoir.
    — Marguerite, vin z’y don voir là où j’suis, hurla-t-elle !
    
    On s’est regardé comme deux ados.
    
    — Va chercher la mule,ze star y va pas pouvoir r’monter tout ça tout seul. Regardes-y don comment l’est trop gringalet.
    
    Elle est sortie sans piper mot.
    
    — T’y verras, l’est un peu con comme toutes les mules, mais l’est costaud.
    — Je… c’est gentil, mais…
    — Pas d’chichi entre nous. L’temps d’charger la bourrique et dans deux heures z’êtes chez vous. Enfin, si l’bourricot y veut ben avancer.
    
    Incapable de faire autrement, j’ai payé, aidé à charger la mule, et on a pris la route. On a marché presque vingt minutes avant que Marguerite ne brise le silence.
    
    — J’sais pas quoi dire. La mère…
    — T’inquiète, elle a bien fait. Et puis c’est cool d’être avec toi.
    
    C’était sorti d’un bloc, sans réfléchir, sans tournicoter ma langue avant de causer. Elle a stoppé net, m’a regardé, et c’est moi qui ai fait le premier ...
«1234...8»