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Les disparus de l'Alcyon
Datte: 10/02/2024, Catégories: froid, cinéma, bateau, nonéro, historique, policier, historiqu, aventure, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... refusé de regagner Dunkerque alors que tous les signaux étaient au rouge pour ne pas avoir à supporter la honte et l’opprobre ! Il se maudit de sa fierté mal placée. Ah, ça ! Il n’aura pas à répondre de ses dettes, il n’aura même pas à devoir répondre des morts sur son bâtiment, le bâtiment dont il était le capitaine, donc garant du bon fonctionnement ! Mais qu’adviendrait-il d’eux ? Les derniers mots couchés sur le papier, il décida d’aller à la nage placer son manifeste à bord de l’Alcyon qui restait à flanc sur le rocher que la goélette avait percuté. Il savait que l’épave serait retrouvée un jour, à défaut de leurs propres corps. Rapport de mission du « Stationnaire » chargé de retrouver l’équipage de la goélette « L’Alcyon », manquant à l’appel au retour de pêche à la demande de l’armateur Lucien Vanhove. La dernière fois que l’Alcyon a été aperçu, c’était dans les eaux territoriales de Norvège, et depuis, la goélette est portée disparue. Cela fait maintenant près d’un an que les familles de l’équipage sont dans l’attente de nouvelles. Nous doutons d’une issue favorable, une année sans nouvelles, présage du pire. Après avoir parcouru en vain les routes maritimes que les pêcheurs en Islande empruntent habituellement, nous avons poussé nos investigations plus loin dans le nord et ne sommes plus qu’à quelques milles de Reykjavík. C’est presque par hasard que nous avons retrouvé la goélette à l’état d’épave, le flanc penché sur un rocher, ...
... semi-immergée, la coque brisée. Nous aurions encore pu naviguer de nombreux mois avant de la découvrir, mais pour une fois, les étoiles nous ont été favorables et nous ont bien guidées. C’est non sans émoi que je découvre à présent le journal de bord tenu scrupuleusement par le Capitaine du bateau retrouvé, et ce que j’y lis me remplit d’effroi : un meurtrier… il y avait à bord un meurtrier ! Le capitaine donne avec précision l’emplacement des sépultures des trois victimes. Je suis avec soin et impatience les écrits de Minos et je suis effaré de lire dans ses pensées. Ainsi, ses soupçons étaient dirigés vers le mousse. Même si tout porte à croire que ce garçon avait une attitude différente des enfants de son âge, rien ne permet de confirmer qu’il s’agissait bel et bien du meurtrier. Pour être véritablement honnête, je doute qu’un enfant de quatorze ans, un gamin un peu fluet, ait pu avoir le dessus sur des gaillards aguerris à de longues campagnes de pêche. L’heure n’est pas à la spéculation, un moment grave nous attend, nous avons en vue le petit îlot où les naufragés se sont réfugiés. Quelles ont dû être leurs conditions lors de ces derniers moments ? Une fin inéluctable, tout espoir abandonné, le froid, l’isolement qui mène à la folie, puis la faim. Je pense à cette chanson enfantine « Il était un petit navire » ou encore à cet écrit d’Edgar Poe « Les aventures de Gordon Pym », des frissons me parcourent le corps en songeant aux extrémités auxquelles les rescapés ont dû ...