1. Tout se joue le 18 juin.


    Datte: 31/01/2024, Catégories: revede, nonéro, portrait, merveilleu, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... anglaise et les salves assénées par les milliers de fusils anglais. Les morts se comptent par milliers avec, parmi ses braves hommes, un nombre incalculable de chevaux.
    
    De la charcuterie chevaline.
    
    L’ange accompagne de sa douceur tous les soldats pour leur dernier voyage. Je la vois, elle les embrasse de tendresse comme pour signifier que l’amour doit être plus fort que la haine. Je reste là à regarder cette magnificence.
    
    Je suis moi-même en dehors des combats.
    
    Vingt heures La garde se meurt, mais ne se rend pas chante le coq Cambronne, qui, les pieds dans la merde, continue de chanter. Cependant, on ne gagne pas à neuf bataillons une attaque qui avait été envisagée pour trente-sept bataillons.
    
    Un abattoir.
    
    Vingt et une heures, Grouchy n’est pas venu, Napoléon fuit le champ de bataille, la grande armée impériale est anéantie. Le roi est mort, vive le roi !
    
    oooo0000oooo
    
    C’est la pleine lune. Le champ de bataille se déserte, la terre fume et les senteurs nauséabondes de la terre après la pluie mêlées à celle de la poudre et du sang s’en dégagent. Je reste là, immobile, entouré à présent de mes ennemis qui me dévisagent. Ils ne montrent aucune intention de me nuire. Ils me voient tel que je suis : un spectateur absent. Comme un témoin inoffensif venu immortaliser la chute des héros.
    
    Je ne les vois pas, je scrute le champ de mort et suit des yeux l’apparition bleutée qui emmène avec elle les agonisants. Je ne vois pas les survivants achever les ...
    ... mourants, je ne vois pas les détrousseurs de cadavres.
    
    Non, je la vois elle.
    
    L’idée d’aller à sa rencontre devient vite obsession. Aussi, je descends de mon pur-sang, me place à ses côtés, la longe dans les mains, le sabre au sol et entame la montée. Étrangement, les Anglais, les Prussiens, s’écartent à mon passage comme le ferait une haie d’honneur, me laissant me diriger vers mon destin.
    
    Au sol, je reconnais un hussard, un frère d’armes, les yeux révulsés, un trou béant dans la cage thoracique. Plus loin, je m’approche d’un homme qui n’est pas tout à fait mort, il a la force de soulever son bras et me demande à boire. Je m’agenouille pour exaucer ses dernières volontés, lorsque je me sens entouré par une aura bleutée.
    
    L’ange est là, au-dessus de nous. Un doux parfum de quiétude m’envahit, elle est juste à mes côtés et se love dans les bras du mourant avant que ce dernier n’expire puis, l’ange me regarde, un doux sourire orne son visage éthéré.
    
    Je marque un temps d’arrêt, je n’ose y croire. Je fais un pas de recul. Serait-ce possible ?
    
    Elle me regarde, une larme lui perle aux paupières et me dit :
    
    — Encore merci Ahmed.
    
    Puis s’envole vers un autre soldat.
    
    Marie.
    
    Je réalise que cet ange n’est autre que Marie. Ainsi, elle est morte ? Je tombe à genou et laisse ma douleur s’exprimer. Le visage dans le sol boueux, je hurle mon désespoir.
    
    Je dois pleurer depuis bien longtemps lorsque je sens une poigne au niveau de mes épaules. C’est le général Wellington ...
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