1. Souvenirs d'un impromptu érotique


    Datte: 29/01/2024, Catégories: fh, jeunes, inconnu, nopéné, occasion, Auteur: Leandre R, Source: Revebebe

    ... perplexe, un saxophone démesurément étiré qui portait le nom de « soliloque ». Aucune parole ne me vint pour autant ; mes pensées étaient anesthésiées par l’abus de ces subtilités artistiques et aussi peut-être par les doses d’alcool généreusement distribuées.
    
    — C’est naze.
    
    Une voix douce, discrètement éraillée. Je remarquai alors la jeune femme, un pas derrière moi. Il s’agissait du second centre d’attention majeur de la soirée : la plus jeune fille du « vieux con ». Elle tenait songeusement une coupe de champagne déjà presque vide calée sous son menton. Ses cheveux noirs au carré suivaient l’ovale de sa mâchoire et, pour tout vous dire, je ne vis en fait clairement à cet instant que ses yeux gris-bleu et ressentis une douceur étonnante, bien à l’encontre de ce qu’elle avait démontré en arrivant.
    
    — Pourtant je suis dans une école d’arts appliqués, dit-elle. Mais leready-made et ses descendants, très peu pour moi.
    — Je ne sais pas si c’est naze, mais ça me laisse complètement froid.
    — Moi, je bois pour me réchauffer, et supporter cette soirée… Je vais reprendre du champagne, vous en voulez ?
    — Heuu… Eh bien, oui, pourquoi pas, mais je vais y aller, ça me…
    — Non, bougez pas, je reviens.
    
    Elle repartit sans un bruit dans sa tenue de soirée : une robe d’un rouge moiré et corsetée, qui descendait jusqu’au sol, mais lui laissait les épaules nues, ainsi qu’une large étendue de son dos. Elle dessinait sa taille et ses hanches sans clinquant inutile. Je crois bien que ...
    ... j’étais déjà sous son charme.
    
    Est-ce à dessein qu’elle me proposa le profil parfait de son visage juvénile en revenant nonchalante, les coupes de champagne à hauteur de sa poitrine artificiellement gonflée par le haut étriqué de sa tenue ? Le fait est que j’étais proprement subjugué par cette beauté et d’autant plus pantois de notre entente spontanée. Je ne m’expliquais pas même son approche si aisée vers ma personne, alors que ce genre de soirées fonctionne selon le principe des clans et de l’instinct grégaire. Sans le vouloir, nous fondâmes le groupe des brebis galeuses qui se gaussaient du travail de l’artiste. Pour mon plus grand plaisir, nul ne vint se joindre à nous, la sœur de ma charmante et son père prenant bien garde de ne pas s’afficher davantage à ses côtés.
    
    Tournant en dérision les œuvres pompeuses, nous en vînmes à rêvasser devant une structure nommée « élan symphonique » qui rassemblait divers instruments en une vague pyramide de deux mètres de haut. Je ne sais pourquoi, mais un seul commentaire me vint :
    
    — Si subtilement phallique, tout ce que j’aime.
    — J’adorerais que mon père vous entende me dire ça, répliqua-t-elle aussitôt en riant.
    — Alors non, heu… il n’y a rien de subliminal ou d’inconscient…
    — Comment ça ? Vous voulez me vexer ? Vous n’avez vraiment aucun désir pour moi ?
    
    J’eus de la peine à cacher ma gêne derrière un rire pathétiquement mou.
    
    — Je vous trouve charmante, c’est évident. Comme tout le monde.
    — Charmante ? Elle sourit. ...
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