1. Sur le fil


    Datte: 28/01/2024, Catégories: ff, lesbos, Auteur: Leandre R, Source: Revebebe

    ... unique, mes parents sont souvent en déplacement mais ils me font plein de cadeaux.
    — Ça a le mérite d’être clair. Autant choisir ce qu’il y a de plus beau du coup !
    — Oui ! J’obtiens toujours ce que je veux, c’est cool.
    
    La vie ne semblait effectivement pas trop difficile pour tout le monde… Mes sentiments à son égard étaient alors mitigés. Sans être pourrie gâtée, elle ne donnait pas toujours l’impression de vivre sur le même plan de réalité que tout le monde. Et son physique irréprochable me renvoyait à ma propre image. Je développais peut-être un peu de jalousie. Mais elle était le sujet idéal pour faire des essais de telle ou telle pièce et elle prit l’habitude de se servir de la réserve comme d’une cabine pour se changer, passer une robe ou un pantalon, le temps que je prenne les éventuelles mesures de correction.
    
    Un jour que je vérifiais ma tenue dans le grand miroir de l’atelier, elle revint de la mercerie à cet instant. J’étais tournée de trois-quarts, bien dressée dans mes chaussures à talons, jupe ouverte sur une cuisse et petit haut assorti. Une main sous la poitrine et l’autre redonnant du volume à ma chevelure, je ne voyais que mes défauts.
    
    — Je vous trouve très belle.
    
    Je sursautai et ris, gênée.
    
    — Oui, oh… Je n’ai plus vingt ans.
    — Et alors ? Moi je crois que chaque âge a sa beauté.
    
    Elle vint vers moi, le visage grave.
    
    — On dit ça pour se consoler, oui.
    — Non. Moi je dis ça parce que je le ressens. Si je vous dis que ce top vous va ...
    ... bien et qu’il me plaît, c’est que c’est le cas. Les finitions sont pas mal en plus. Des torsades simples, non ?
    
    Ce disant, elle prit entre le pouce et l’index l’ourlet à hauteur de mon épaule et sembla en éprouver la qualité en glissant vers le bas. Ses doigts glissèrent naturellement sous le tissu et caressèrent mon sein avant qu’elle ne retire sa main.
    
    — Non ?
    
    Question rhétorique qu’elle émit en levant le regard sur moi. Interloquée, cherchant dans ses yeux bleus une ironie qui ne s’y trouvait pas, je fis un pas en arrière.
    
    — Oui… Oui, un ourlet torsadé. Trois fois rien.
    
    Mal à l’aise, je l’esquivai pour me concentrer sur mon travail. Mais dans les jours qui suivirent, je remarquai qu’Eris ne perdait pas une occasion pour m’effleurer, prendre ma main ou mon bras, me faire venir près d’elle pour avoir des explications sur des points qui n’en méritaient pas. Alors que j’étais en caisse avec une cliente, elle passa derrière moi pour je ne sais quel prétexte, mais l’espace manquait et elle glissa lentement contre mes fesses par deux fois, ne laissant pas traîner que ses hanches. J’en parlais le soir même à mon époux.
    
    — Je crois que mon apprentie me drague.
    — Pardon ? Il se figea, la fourchette à hauteur du nez.
    — Elle me colle, elle me dit des choses…
    — Pfff, voilà ! Et pourquoi ça ne m’arrive jamais avec mes stagiaires ?
    
    Je pris un air désabusé.
    
    — Ça ne m’amuse pas. C’est une gamine qui se croit femme, je crois qu’elle est un peu paumée.
    — Toutes les ...
«1234...11»