1. 0320 Pourvu qu’on continue à rêver.


    Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... les mots pour m’apaiser. En vrai, c’est surtout le fait de le sentir proche et concerné dans cette épreuve qui m’apaise.
    
    J’appelle Ruben en suivant. Je me suis un peu calmé et j’ai trouvé du vraisemblable et de l’acceptable. Je lui raconte que ma mère est tombée dans la cuisine, qu’elle doit rester immobilisée pendant quelques jours. Et que, par conséquence, je vais rester à Toulouse pour m’occuper d’elle.
    
    Ce n’est pas beau de mentir, mais je n’ai pas le courage d’affronter la vérité ce soir, et encore moins de prendre les mesures qui s’imposent. La vérité étant que, malgré la profonde affection que je ressens pour Ruben, je ne suis pas amoureux de lui. Parce que je suis toujours amoureux de Jérém.
    
    Et la seule mesure qui s’impose, c’est celle de lui rendre sa liberté pour qu’il ait une chance de rencontrer un gars qui le rendrait heureux.
    
    Mais pas ce soir. La journée a été assez éprouvante comme ça. Le mensonge est une façon de me protéger. Je m’arrange avec la réalité pendant de longues minutes, et Ruben n’y voit que du feu.
    
    Les heures passent, le soir arrive, et toujours pas de coup de fil de Maxime. J’essaie de l’appeler plusieurs fois, mais je tombe toujours sur son répondeur. Mon inquiétude grandit au fil des heures silencieuses. Je n’ai pas envie de manger, je n’ai pas envie de regarder la télé. Je tourne en rond, comme un animal en cage. Je reste de longues minutes allongé sur le canapé à fixer le plafond.
    
    La sonnette de l’appart retentit vers 22 ...
    ... heures. Le petit brun débarque enfin, l’air complètement lessivé.
    
    — Ça va ? je le questionne.
    
    — Je suis KO.
    
    — Je comprends. Et ton frère ?
    
    — Ils ont refait un scanner, et il n’y a pas eu d’autres hémorragies.
    
    — C’est bien, ça, je me réjouis.
    
    — L’activité cérébrale semble convenable.
    
    — Un autre pas en avant !
    
    — Ils ont dit que les 24 prochaines heures vont être décisives.
    
    — Ça va aller, j’en suis sûr !
    
    — Ça me rassure de savoir que papa est près de lui cette nuit.
    
    Maxime part à la douche. Il revient quelques minutes plus tard, torse nu, enveloppé par un délicieux nuage olfactif chargé de la fraîcheur humide du gel douche. Il sent divinement bon. Une serviette autour de la taille, les cheveux bruns encore humides, il est beau comme un petit Dieu. A peine un peu plus petit en taille que son grand frère, mais tout aussi bien bâti, avec de beaux pecs et des abdos finement dessinés. La ressemblance avec Jérém est troublante. Adorable et beau petit mec.
    
    Maxime insiste pour prendre le canapé et me laisser le lit.
    
    Cette nuit-là non plus je ne dors pas beaucoup. Je n’arrive à trouver le sommeil qu’en serrant le t-shirt de Jérém contre mon visage et en imaginant qu’il soit là, à côté de moi. Qu’est-ce qu’il me manque !
    
    Lundi 10 mars 2003.
    
    Le lendemain, nous nous rendons à l’hôpital de bonne heure. A notre arrivée, le père de Jérém est en train de s’entretenir avec le neurologue. Lorsqu’il revient, il nous rapporte que la nuit s’est bien passée, ...
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