1. 0320 Pourvu qu’on continue à rêver.


    Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... petit brun n’a jamais eu ce genre de conversation avec son grand frère. Maxime veut savoir comment nous nous sommes trouvés, comment son frère est passé des nanas aux garçons, comment ça se passe entre nous avec la distance. Ça me fait du bien de parler de Jérém. Alors, je me prête au jeu.
    
    Maxime est surpris lorsque je lui apprends que nous nous étions déjà « ensemble » avant le bac, et pendant tout l’été après notre bac.
    
    — Avant de me voir à l’hôpital de Toulouse il y a deux ans, tu ne t’es jamais douté que Jérém regardait les mecs ?
    
    — Jamais !
    
    — Pourtant, il y a eu d’autres gars avant moi. Des aventures, certes…
    
    — Non, je ne me suis jamais douté de rien. Il a bien caché son jeu. C’est quand je t’ai vu à l’hôpital, quand j’ai vu comment tu lui tenais la main, comment tu le regardais, comment tu étais mal, que j’ai compris.
    
    Maxime est peiné quand je lui apprends à quel point son grand frère a eu du mal à s’accepter, et à accepter de se laisser aimer.
    
    Il a l’air heureux d’apprendre qu’il a changé peu à peu, qu’il a appris à s’écouter, à se connaître, et que nous avons passé de très bons moments ensemble, à Campan, à Paris.
    
    Et il a l’air très déçu lorsque je lui apprends que Jérém et moi nous ne sommes plus ensemble depuis plus de trois mois.
    
    — Mais qu’est-ce qui s’est passé ?
    
    — Quand il y a de la distance, ce n’est jamais simple. Et quand il faut rester caché, c’est encore plus difficile. Jérém a peur pour sa carrière.
    
    — Je sais qu’il a peur. ...
    ... Au fait, tu as vu ce ramdam dans les journaux ?
    
    — Au sujet de lui et de cette greluche siliconée ?
    
    — C’est n’importe quoi cette histoire !
    
    — Quoi, cette histoire n’est pas vraie ?
    
    — Inventée de toute pièce !
    
    — Comment tu sais ?
    
    — Il me l’a dit ! C’est une idée de son agent pour lui donner une bonne image. Et ça le faisait tellement chier de devoir se prêter à ce jeu malsain. Mais son agent lui a forcé la main et il n’a pas pu refuser.
    
    — Pourquoi il aurait besoin d’une bonne image ? Il s’est passé quelque chose ?
    
    — Ça, je ne sais pas, il ne me l’a pas dit. Il m’a juste dit que c’était une idée de son agent.
    
    Le train arrive en gare de Montparnasse vers 14 heures. Et mon téléphone se met à sonner.
    
    « Ruben » s’affiche à l’écran.
    
    Je ne réponds pas, je n’ai pas la tête à ça.
    
    A l’hôpital, seul Maxime est autorisé à parler aux médecins.
    
    Lorsqu’il revient, il a le regard empli de tristesse et les yeux humides.
    
    — Qu’est-ce qu’ils t’ont dit ?
    
    — L’hématome est résorbé, et le saignement a cessé.
    
    — C’est une bonne chose, non ?
    
    — Oui, mais le pronostic vital est toujours engagé.
    
    — Non !
    
    — Si, pendant encore 48 heures. Ils attendent de voir comment ça évolue. Ils ont peur que l’hémorragie reprenne, ils ont peur des séquelles neurologiques. Putain, c’est pire que ce que je pensais !
    
    — Un pas à la fois, ils vont le sortir de ce merdier ! je tente de le rassurer.
    
    Et pourtant, au fond de moi, j’ai du mal à croire à ce que je viens ...
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