1. 0320 Pourvu qu’on continue à rêver.


    Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... réussi à faire de son travail des vacances. Ça me peine de le savoir blessé. Ça me peine que tout se soit arrêté si soudainement pour lui.
    
    — A qui le dites-vous ! C’est une cata ! fait Maxime, le regard perdu, la voix émue.
    
    — Vous êtes des amis ?
    
    — Je suis son frère.
    
    — Je suis… un ami, j’ajoute.
    
    — Ecoutez-moi, les garçons. Dites-vous bien que pour qu’il ait une chance de s’en sortir, il va avoir besoin de vous qui êtes les plus proches. Pour remonter la pente, la route va être longue, parsemée d’obstacles qui vont sembler insurmontables. Il va vouloir renoncer, tout envoyer balader. Et il va avoir besoin d’être encouragé et soutenu, surtout à ces moments-là.
    
    — Et qu’est-ce que vous en savez, vous ? fait Maxime, sur un ton emporté.
    
    — J’ai oublié de me présenter : je m’appelle Marc Dupuy. Et, en plus d’être un grand amateur de rugby, je suis chirurgien orthopédiste au CHU de Toulouse. J’ai vu passer pas mal de jeunes sportifs sur mon billard, rugbyman, footballeurs, handballeurs, avec des blessures graves. Et je peux vous dire que ceux qui s’en sont sortis, ce sont ceux qui ont eu du soutien pendant toute la durée de la rééducation. Il ne faut pas le lâcher, même s’il devient odieux. S’ils deviennent invivables, c’est parce qu’ils souffrent, et ils souffrent parce qu’ils ont peur d’avoir tout perdu. Il faut être forts. Il faut l’être pour vous, et pour lui.
    
    — Et surtout, il continue, il faut s’arranger pour qu’il n’arrête jamais d’y croire, même s’il ...
    ... prétend le contraire. Car l’espoir est l’élément clé de la guérison. Il n’est bien évidemment pas suffisant, mais il est terriblement nécessaire. Tout est possible, pourvu qu’on continue à rêver.
    
    — Pour l’instant il a une commotion cérébrale et une poche de sang dans le ciboulot !
    
    — J’imagine qu’il est dans les mains des meilleurs médecins à Paris. Il faut être confiant.
    
    Le train ralentit et l’arrivée en gare de Montauban est annoncée.
    
    — Moi je descends ici, fait le chirurgien, en se levant.
    
    — Tenez, les garçons, il nous glisse, en nous tendant une carte. Je vous ai marqué mon numéro de portable direct, si jamais vous avez besoin d’avoir un autre son de cloche. Parfois, il est intéressant de recueillir plusieurs avis.
    
    — Merci, fait Maxime sèchement, mais il est déjà pris en charge.
    
    — Je n’en doute pas. Mais sait-on jamais.
    
    — Merci, je lui glisse, touché par sa gentillesse, en saisissant la carte que Maxime a refusé de prendre.
    
    — Avec plaisir. Vous pouvez m’appeler à n’importe quelle heure. Passez mes amitiés à Mr Tommasi quand il sera réveillé.
    
    Maxime et moi n’avons jamais eu l’occasion de passer autant de temps ensemble. Nous employons le reste du voyage à discuter. Maxime me parle de leur enfance difficile après le départ de leur mère. Il m’avoue avoir repris contact avec cette dernière depuis quelques mois, un choix que son frère aîné n’approuve pas et qui a été source de dispute avec lui.
    
    Puis, il me questionne sur Jérém et moi. A priori, le ...
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