1. 0320 Pourvu qu’on continue à rêver.


    Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... je suis un véritable boulet en ce moment. Et mon frérot est un ange, il a du mérite à rester ici avec moi.
    
    — Dans quelques jours je pars pour Capbreton, je te libère, il lance à Maxime.
    
    — Ça va être long, fait le petit brun, à moitié en rigolant, à moitié sérieux.
    
    — Si Maxime doit reprendre ses cours, je peux rester quelques jours jusqu’à ton départ à Capbreton… je lance.
    
    Jérém me regarde de travers.
    
    — Et tes cours ? me questionne Thibault.
    
    — Je les rattraperai plus tard.
    
    — Je n’ai pas besoin de ton aide, je me débrouillerai tout seul, me balance Jérém sèchement.
    
    — « Tout seul », tu vas déprimer à fond, lui glisse Thibault.
    
    — Je sais me gérer, merci, il s’agace.
    
    — Pourquoi tu ne veux pas que je reste ? je le questionne.
    
    — Je ne veux pas de ta pitié ! il me crie dessus.
    
    — Je n’ai aucune pitié pour toi, je veux juste te filer un coup de main ! je m’emporte à mon tour.
    
    — Bon, vous nous cassez les couilles tous les deux, fait Thibault, l’air facétieux. Hein, Maxime, qu’ils sont insupportables ces deux-là ?
    
    — Un peu…
    
    — Nous on va prendre un café, et vous vous arrangez pour vous calmer d’ici que nous soyons revenus, continue le jeune pompier.
    
    — Avec grand plaisir ! fait le petit brun qui a de toute évidence compris le but de la manœuvre de Thibault, celui de permettre à Jérém et moi de rester un peu seuls pour régler nos histoires entre nous.
    
    La porte vient tout juste de se refermer derrière les deux adorables petits mecs, que ...
    ... déjà le silence devient assourdissant. Je sens sa colère, sa mauvaise humeur, sa contrariété, son hostilité jamais dissipées. Bref, que des ondes négatives. J’ai envie de briser ce silence de plomb, mais j’ai peur de me faire rembarrer. Je choisis d’attaquer par un truc marrant.
    
    — Tu sais que depuis que tu joues au Stade, mon père est ton premier fan ?
    
    — Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ?
    
    — Il adore te regarder jouer, il dit que tu es un sacré ailier !
    
    — Maintenant je ne suis plus qu’une merde. Tu peux lui dire qu’il ne me reverra plus jamais jouer.
    
    — Pourquoi tu dis ça ?
    
    — Parce que c’est vrai ! C’est foutu pour moi, je suis foutu.
    
    — Non, tu es juste convalescent.
    
    — Je ne rejouerai plus jamais au rugby.
    
    — Je te promets que si !
    
    — Casse-toi, Nico, qu’est-ce que tu fiches encore ici ?
    
    — J’aimerais rester là pour t’aider, et pour que tu ne sois pas seul.
    
    — Je t’ai déjà dit que n’ai pas besoin de ton aide. De toute façon tu ne peux pas me rendre mon genou et ma cheville !
    
    — Non, c’est sûr. Mais je pense que je peux te faire à manger, t’aider à t’habiller, aller te chercher les cigarettes. Et te faire des câlins si tu en as envie. Tiens, je peux même essayer de jouer à la PS si vraiment tu insistes…
    
    — Tu serais nul à chier, et je m’ennuierais à mort !
    
    Ah, voilà enfin un point d’accroche pour le faire réagir. Il a fallu chercher longtemps !
    
    — Tu vas m’apprendre…
    
    — Tire-toi, Nico, oublie-moi, c’est ce que tu as de mieux à faire ! ...