1. 0320 Pourvu qu’on continue à rêver.


    Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... deux fois sur la joue et lui caresse le cou et la nuque.
    
    — Salut, Jérém, je lui lance, lorsque l’accolade entre les deux potes prend fin.
    
    — Salut… il me lance assez froidement, le regard ailleurs.
    
    Ce n’est pas encore un accueil qu’on caractériserait de chaleureux, mais il y a du mieux par rapport à la dernière fois. Déjà, je ne me suis pas fait jeter !
    
    — Ça vous dit si je fais des pâtes ? nous demande Maxime.
    
    — Parfait ! lui répond Thibault.
    
    — Comment tu vas, mon petit Jé ? enchaîne l’adorable pompier.
    
    — Comme tu le vois, comme une épave !
    
    — Mais qu’est-ce que tu racontes ! Tu oublies que j’ai été mécano et que je sais très bien reconnaître une épave d’une belle voiture accidentée. Toi, tu es une très belle voiture accidentée. Une fois réparé, tu vas être comme neuf.
    
    — Non, tu te trompes, je suis une épave. Je ne serai jamais comme neuf.
    
    — Tu crois que tu es le premier joueur de rugby à subir ce genre des blessures ? Et qu’il n’est pas possible d’en guérir et de revenir au top ?
    
    — Le chirurgien n’y croit pas lui-même ! Et quand même le mécano ne croit pas en la réparation de la voiture qu’il vient de passer sur le pont, je te fais pas un dessin !
    
    — Le chirurgien n’a jamais dit qu’il n’y croit pas, intervient Maxime. Il dit juste qu’il a besoin de voir comment tes lésions guérissent avant de pouvoir faire un diagnostic fiable.
    
    — Il y a des réparations qui demandent du temps, avance Thibault.
    
    — Ouais, ouais.
    
    — Là, il ne se passe ...
    ... rien parce que tu es en phase de cicatrisation et que tu ne peux rien faire, avance le demi de mêlée. Tu te fais chier et tu ne vois aucun progrès. Mais quand tu seras à Capbreton, tu vas progresser.
    
    — J’espère qu’ils ont un service spécialisé dans les miracles, fait Jérém, l’air complétement désabusé.
    
    — Pour guérir, il faut y croire. Je suis passé par là, après mon accident à AZF. Oui, ma blessure était moins grave que la tienne. Mais j’ai eu des doutes comme toi, j’ai eu peur comme toi. Et pour m’en sortir je me suis raccroché à un but, celui de retrouver ma forme d’avant et de retourner jouer. Il faut être patient, et ne pas vouloir que les choses aillent trop vite.
    
    — Oui, oui, allez, parlons de choses plus marrantes, j’entends Jérém balayer le sujet d’un revers de main. Avant d’enchaîner sur un tout autre sujet : Tu as des nouvelles de Thierry et de Thomas ?
    
    Thibault n’insiste pas, et il suit Jérém sur ce nouveau terrain. Pendant l’apéro et le repas, les deux potes d’enfance renouent avec leur complicité d’antan en évoquant leurs potes de Toulouse, leur vie d’avant, leurs expériences communes, leurs souvenirs du rugby. Jérém s’anime peu à peu au contact de Thibault. Ce dernier sait le faire réagir, et même le faire sourire. Il le connaît tellement bien. Et il est tellement sensible, avisé, psychologue.
    
    Son tact est tel qu’il arrive à tout lui dire sans le braquer.
    
    — Jérém, ton frère à l’air fatigué, il lui balance au détour d’une conversation.
    
    — Je sais, ...
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