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0320 Pourvu qu’on continue à rêver.
Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... n’étais pas avec lui, il serait encore plus mal. — J’aimerais tellement venir te relayer pour que tu te reposes un peu… j’ajoute. — Il ne veut voir personne. Il tolère juste ma présence, et encore ! — Et il ne veut surtout pas me voir, moi, j’imagine… — J’avoue que j’ai du mal à comprendre ce qui se passe dans sa tête. Je veux bien qu’il ait sa fierté, qu’il ne veuille pas se montrer diminué. Mais putain, on l’aime, et c’est tout ce qui compte ! Lorsque je raccroche mon portable, j’ai un goût très amer dans la bouche. Jérém est au plus mal, et même Maxime commence à perdre pied. Je me sens impuissant, frustré, consterné. J’ai envie de pleurer. La solitude de mon petit studio me pèse. J’ai besoin d’entendre une voix familière, bienveillante, rassurante. J’appelle Thibault. Je discute longuement de l’état de Jérém avec lui, ainsi que du fait que Maxime a de plus en plus de mal à tenir le coup. Au bout d’une demi-heure de conversation, le beau rugbyman me lance : — Tu peux te libérer jeudi prochain ? — Oui, pourquoi ? je bafouille, surpris. — Je monte le voir à Paris. Tu viens avec moi ? — Mais avec grand plaisir ! Jeudi 27 mars 2003. Lorsque j’arrive à la gare Montparnasse, Thibault m’attend à côté de la ligne de métro. Ça fait du bien de retrouver un visage connu dans cette ville où tout m’est inconnu. Le jeune pompier me fait la bise et me serre fort dans ses bras. Sa présence, son attitude, son torse, ses bras sont tellement ...
... rassurants ! Après un passage par le métro, nous débarquons à l’appart de Jérém par surprise. En fait, la surprise n’est que pour ce dernier, car Maxime est au courant. — Il va de soi que ce n’est pas le bon moment pour que Jé apprenne ce qui s’est passé entre nous, me glisse Thibault alors que nous montons par l’ascenseur. — Il va de soi… — Je ne regrette toujours pas, au contraire. Je dis juste que ce n’est pas le bon moment, il s’empresse de préciser. — J’avais bien saisi, et je te suis à 100%. Thibault sonne à la porte. Un instant plus tard, le petit brun nous accueille avec un sourire dans lequel il n’est pas difficile de deviner une insistante note de tristesse. — C’est qui ? j’entends Jérém le questionner depuis le séjour. — C’est quelqu’un qui vient te voir. — Je ne veux voir personne. Ça promet… Maxime nous fait rentrer. L’appart empeste la fumée de cigarette et le joint. Jérém est affalé sur le canapé, la jambe enserrée dans une botte de maintien, posée sur la table basse. Il est tout habillé avec un jogging blanc à bandes noires. Deux béquilles sont posées contre le canapé, à côté de lui. Sur le meuble à sa droite, un cendrier rempli à ras bord de mégots trône juste à côté d’innombrables bouteilles de bière vides. — Jé, mon pote ! lui lance Thibault. — Thib ! Jérém a l’air surpris de voir son pote débarquer, mais pas contrarié. Il a même l’air très touché. Et ému. Thibault se penche vers lui et le prend dans ses bras. Il l’embrasse ...