1. 0320 Pourvu qu’on continue à rêver.


    Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... je vous demande de sortir. Sortez !
    
    — Voilà, fait Jérém, faites-les sortir, moi ils ne m’écoutent pas !
    
    — Vous êtes bien des gars du Sud, bien sanguins, toujours en train de vous bagarrer ! elle plaisante.
    
    En sortant de la chambre, j’ai le cœur lourd et les joues humides. Je regarde Maxime, et je pense qu’il est aussi triste que je le suis. J’attrape sa main, instinctivement, pour essayer de l’apaiser, pour essayer de m’apaiser.
    
    Nous n’avons pas fait dix pas en dehors de la chambre, lorsque je capte au loin dans le couloir une silhouette masculine aux proportions parfaites, avançant vers nous d’un pas léger, souple, cadencé, élégant. Sa chevelure et sa barbe blonde si reconnaissables me percutent à l’instant où elles traversent ma rétine. Son sourire me frappe de plein fouet. Il m’a reconnu aussi.
    
    — Salut Nico ! me lance Ulysse lorsqu’il arrive près de nous.
    
    — Salut…
    
    — Salut, fait Maxime. Tu es Klein, c’est ça ?
    
    — Oui, moi-même. Et toi tu es ?
    
    — Le frère de Jérém.
    
    — Ah, Maxime, c’est ça ? Ton frère parle beaucoup de toi.
    
    — Nous sommes très proches.
    
    — Alors, comment sont les nouvelles ?
    
    — A priori, l’opération s’est bien passée. C’est le moral qui ne va toujours pas.
    
    — Les blessures au moral ce sont les plus difficiles à réparer, commente le beau rugbyman blond.
    
    — Tu tiens le coup, Nico ? il me questionne, alors que Maxime vient de partir boire un café.
    
    — Ouais…
    
    — Je suis content de te revoir, même si c’est pas pour une ...
    ... occasion joyeuse.
    
    — Ouais…
    
    — Tu lui as parlé ?
    
    — Il ne veut plus me parler, il ne veut plus me voir. Il m’a crié dessus, il veut que je me casse !
    
    — Jérémie n’est pas dans son état normal, il ne faut pas lui en vouloir. Mais tu comptes beaucoup pour lui.
    
    — Il prétend le contraire…
    
    — Il ne faut pas croire les conneries qu’il peut raconter alors qu’il est dans un lit d’hôpital avec une jambe en vrac et la peur de ne plus jamais jouer au rugby au ventre !
    
    — De toute façon, tu le connais mieux que moi désormais ! je lui balance sèchement.
    
    Le fait de le voir là, devant moi, si gentil, si calme, si beau, si viril ravive violemment la blessure encore ouverte au fond de moi. La blessure provoquée par les mots de Jérém, lorsqu’il m’avait balancé à la figure qu’il était attiré par son co-équipier parce que ce dernier était un « homme », celui dont il avait besoin et que je ne suis pas. Ulysse est un homme, et comment il l’est, je le ressens si fort au fond de moi, alors qu’il est tout proche. Il dégage un magnétisme, une aura, un charme fou, auquel je suis fort sensible, et dont je me sens totalement dépourvu. Je comprends parfaitement pourquoi et comment Jérém puisse se sentir attiré par ce gars. Et en même temps, ça me déchire les tripes de ne pas me sentir à la hauteur de ses attentes.
    
    Ces deux pensées se mélangent dans ma tête avec la violence d’un tambour de machine à laver en plein essorage. Leur mouvement incessant me donne le vertige. Je me sens très mal à ...
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