1. 0320 Pourvu qu’on continue à rêver.


    Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... l’aise. Il y a quelque chose d’humiliant dans le fait de se trouver nez-à-nez avec celui qui a pris la place que vous occupiez dans le cœur de l’être aimé. Celui qui vous a été préféré. Celui qui possède ce que vous ne possédez pas, les arguments pour retenir celui que vous n’avez pas pu retenir. Je suis aussi terriblement fatigué. Alors, je n’ai pas la force de prendre sur moi. Ce qui me rend distant, sec et cassant.
    
    Ulysse doit sentir mon animosité, puisqu’il finit par se lancer dans une petite mise au point.
    
    — Ecoute-moi, Nico. Je ne sais pas ce qu’il t’a dit, et je ne sais pas ce que tu imagines s’il ne t’a rien dit. Mais il faut que tu saches qu’il ne s’est rien passé entre ton mec et moi.
    
    — Ce n’est plus mon mec !
    
    — Bien sûr qu’il l’est toujours. Ce n’est pas parce que vous vous êtres brouillés pour une connerie que votre histoire est finie. Jérém t’aime à s’en rendre malade.
    
    — C’est toi qu’il kiffe !
    
    — Allons, Nico, ce n’est pas moi qu’il kiffe !
    
    — Il me l’a dit !
    
    — Je lui fais peut-être de l’effet, ok. Mais ce qu’il kiffe par-dessus tout, c’est notre amitié et notre complicité. C’est mon regard qui le porte et qui le pousse à se dépasser. Voilà ce qu’il kiffe chez moi.
    
    — Jérémie est un grand garçon, mais au fond de lui il a besoin d’être entouré, rassuré, soutenu, encouragé. Dans notre amitié, je tiens plutôt le rôle de « grand frère », comme l’a fait auparavant ce Thibault dont il me parle souvent. Tu dois le connaître, il joue à ...
    ... Toulouse…
    
    Me voilà ému par les mots du beau blond. En quelques secondes, mon esprit passe d’un état de frustration et de jalousie à celui d’une profonde tendresse.
    
    — Oui, je le connais très bien. C’est un garçon formidable, je finis par admettre, enfin un brin détendu.
    
    — Je te promets qu’il ne s’est rien passé entre Jérémie et moi, il revient à la charge. De toute façon, je te mets à l’aise, je ne suis pas gay. Je respecte tout le monde et je ne juge personne, mais les gars, c’est pas pour moi. Et même si c’était le cas, je crois qu’il ne se serait rien passé quand-même. Mélanger le rugby, l’amitié et le sexe, ça ne me parait pas une bonne idée. Ça risquerait de tout gâcher.
    
    — Je te crois, Ulysse. Mais je ne suis pas du tout certain pour autant qu’il soit encore amoureux de moi.
    
    — Je le répète et je signe, il continue sur un ton calme mais de plus en plus ferme, ce garçon est profondément amoureux de toi, quoi qu’il puisse raconter comme connerie. Et à partir de maintenant, il va avoir besoin de toi comme jamais. Si tu l’aimes, et je suis certain que c’est le cas, ne le laisse pas tomber, surtout pas maintenant.
    
    — Mais comment veux-tu que je l’aide, alors que je ne peux même pas l’approcher sans me faire jeter !
    
    — Tiens bon. Dis-toi toujours et encore qu’il ne t’en veut pas à toi, mais à sa blessure. Il n’est pas en colère contre toi, mais contre le fait qu’il ne pourra pas terminer la saison qu’il avait si bien démarré. Mais il va finir par se calmer. La colère ...
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