1. 0320 Pourvu qu’on continue à rêver.


    Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... pompier volontaire, je tire mon chapeau, mec !
    
    — Merci.
    
    Le chirurgien se pointe une heure plus tard. Il s’entretient avec Maxime pendant de longues minutes.
    
    — Il a dit que les deux opérations se sont bien déroulées, m’annonce le petit brun dans la foulée.
    
    J’ai l’impression qu’un énorme poids s’est envolé de mon cœur. Je prends une longue inspiration et soudain la vie me parait plus belle.
    
    — Pour la sortie de l’hôpital, il doit voir ça avec le neurologue qui suit le traumatisme crânien.
    
    — Et pour la suite ?
    
    — Pour la suite, il préconise quatre semaines de repos total, puis un transfert au centre à Capbreton pour une rééducation qui va durer plusieurs mois.
    
    — A Capbreton dans les Landes ?
    
    — Oui, c’est ça. Il y a un centre spécialisé pour la remise en état des sportifs blessés.
    
    — Et il a dit quelque chose sur ses chances de rejouer au rugby ?
    
    — Il m’a dit que c’est trop tôt pour se prononcer là-dessus. Il faut voir comment évoluent ses blessures, et les réparations des blessures, dans les semaines à venir. A ce stade, tout reste possible, mais rien n’est gagné non plus.
    
    Le neurologue reçoit Maxime en début d’après-midi. Il lui explique qu’étant donné que Jérém avait déjà eu un traumatisme crânien par le passé, il souhaite le garder en observation pendant encore quelques jours.
    
    — Il semblerait que pendant quelques semaines la commotion cérébrale puisse provoquer un certain nombre de symptômes, il m’explique.
    
    — Comme quoi ?
    
    — Comme des ...
    ... étourdissements, des insomnies, des maux de tête, des angoisses, des pertes de mémoire, la déprime.
    
    — Putain… je souffle, dépité.
    
    — Pendant un certain temps, il va être à fleur de peau. Il va falloir le ménager. Et il faut se blinder… car il risque de tirer à boulets rouges.
    
    Jérém se réveille en fin d’après-midi. Je retourne le voir avec Maxime. Malgré la mise en garde de ce dernier, je ressens au fond de moi un petit espoir qu’il soit dans de meilleures dispositions que la veille. Mais, malgré la bonne réussite de ses opérations, il ne s’est pas calmé, et il est toujours aussi remonté.
    
    — Mais qu’est-ce que vous avez tous à me casser les couilles ? il nous lance, en guise de bonjour.
    
    — Je n’ai besoin de personne, à part de bons médecins. J’ai envie de voir personne, vous pouvez comprendre ça, oui ou non ? Quand j’aurai besoin de voir quelqu’un, je vous sonnerai, ok ?
    
    — Mais frérot, si on est là, c’est parce qu’on t’aime !
    
    — Je ne veux pas que vous me voyiez dans cet état, c’est si dur à comprendre ? Je ne veux pas voir la pitié et la trouille dans vos yeux ! J’en ai assez en moi, de trouille ! J’ai pas besoin d’ajouter les vôtres, sinon je me jette par la fenêtre !
    
    Jérém est hors de lui. Ça m’arrache le cœur de devoir le laisser dans cet état, mais je comprends son souhait.
    
    — C’est quoi encore ce raffut ! fait la même infirmière qui nous a déjà grondés hier. Mr Tommasi vient de subir deux opérations lourdes, il lui faut du calme et du repos. Alors ...
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