-
0320 Pourvu qu’on continue à rêver.
Datte: 13/01/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... prendre sa réaction au pied de la lettre. On verra ça demain, après son opération. Si ça se passe bien, peut être que ça lui fera envisager les choses autrement. — Oui, tu as probablement raison, j’admets. — Est-ce qu’il a son portable avec lui ? je le questionne. — Oui. — Tu crois que je peux lui envoyer un message ? — Je pense que ça lui fera plaisir. Même s’il ne veut pas l’admettre. Je lui envoie un SMS aussitôt. « Bon courage pour l’opération de demain. Je penserai à toi à chaque instant. Je prierai pour toi. Tout va bien se passer, ça ne peut pas se passer autrement. Je t’aime, p’tit Loup ! ». Je passe une nuit d’inquiétude, d’insomnie, de questionnements. Bien évidemment, aucune réponse ne vient de sa part. Pourvu que les opérations se passent bien ! Mardi 11 mars 2003. J’ai encore très peu dormi de la nuit. La fatigue commence à s’accumuler. Je le ressens physiquement et moralement. Tous mes gestes et mes mouvements semblent me demander un effort décuplé, mes nerfs sont soumis à rude épreuve. J’ai l’impression d’être plongé dans un coltard épais. J’ai l’impression que le mal de crâne ne m’a pas quitté depuis l’accident de Jérém, et qu’il est de plus en plus carabiné. Quand on n’est pas bien, on a du mal à être optimistes. Ce matin je ne suis pas bien, et je me sens très peu optimiste. La peur m’envahit, s’infiltre partout en moi, dans mon corps, ma tête, mon esprit. L’angoisse me tétanise. Je panique à l’idée que les opérations de ...
... Jérém puissent mal se passer. J’ai envie d’être à ce soir. Je donnerais cher pour pouvoir appuyer sur un bouton et zapper une à une les heures de cette journée qui s’annonce longue, comme je le ferais pour accéder à la dernière chanson d’un cd sans devoir écouter toutes celles qui précédent. Maxime est lui aussi tendu, et incroyablement silencieux. La peur doit happer son esprit tout autant que le mien. Nous arrivons à l’hôpital juste avant que le jeune patient soit conduit au bloc. Maxime part le saluer en vitesse. Moi je n’en ai pas le temps. Je vois son lit passer dans le couloir poussé par deux infirmiers. — Ça va bien se passer, je lui glisse, la voix coupée par les sanglots. Mais aucune réaction ne vient de sa part. Le lit disparaît dans l’ascenseur, et mon Jérém avec. L’opération dure une bonne partie de la matinée. Je trouve le temps terriblement long. Je tente de lire les magazines dans le hall, mais je n’arrive pas à focaliser mon attention. A 11 heures, Jérém n’est toujours pas sorti du bloc. Il est midi passé lorsque le lit médicalisé de Jérém réapparaît poussé par les deux infirmiers. — Alors, comment ça s’est passé ? s’impatiente Maxime. — Le médecin va venir vous voir bientôt. — C’est quelle chambre déjà ? demande l’un des infirmiers, un petit brun au regard doux et charmant, à son collègue. — La 401 ! Je t’ai connu plus appliqué, Damien ! — Je suis un peu fatigué… hier soir j’étais de permanence au SDIS. — Infirmier et ...