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Marie-Antoinette, la reine calomniée
Datte: 18/12/2023, Catégories: f, fh, ff, fbi, extracon, alliance, nympho, jardin, danser, fête, nonéro, historique, historiqu, Auteur: OlgaT, Source: Revebebe
... grosses sommes d’argent. Pour les détracteurs de la reine, il n’y a aucun doute : comme la reine voit plus souvent Gabrielle que Louis XVI, le supposé saphisme de la souveraine est relancé. D’autant que le clan des Polignac pousse la duchesse à s’immiscer dans les affaires politiques du royaume. Une rumeur sur une relation de la Polignac avec le comte de Vaudreuil mécontentera la reine, jalouse. Face aux nombreux scandales qui ne se taisent pas, la duchesse se résout à quitter Versailles avec ses enfants. Les adieux déchirants entre celles qui se sont tant aimées sont rapportés ainsi par le prince de Ligne, dans ses Fragments d’Histoire :« La reine pleure, embrasse la comtesse, lui prend les mains, la conjure, la presse, se jette à son cou ». De cette« amitié particulière », Chantal Thomas fera un roman :« Les Adieux à la Reine » (Seuil, 2002), adapté en 2012 au cinéma par Benoît Jacquot. *** Si le doute persiste encore en ce qui concerne les amours saphiques, beaucoup d’auteurs sont convaincus que le bel Axel de Fersen (1755-1810), officier et comte suédois, fut bel et bien l’amant de la reine. Le jeune Suédois rencontre la future reine lors d’un des fameux bals masqués de l’Opéra, donné en janvier 1774. Marie-Antoinette est séduite par cet homme, dont le visage est dissimulé derrière un loup de velours. Elle ne voit que ses yeux, bruns, ténébreux, qui l’envoûtent. Les deux jeunes gens se tournent autour sans se soucier des regards inquisiteurs. Quatre ans plus ...
... tard, il revient à la cour de France. Cette fois, Fersen prend le temps de déclarer sa flamme à la souveraine, qui n’y résiste pas. Puis, il est à nouveau appelé par les sirènes de la guerre, de l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis. Marie-Antoinette le retrouve trois ans plus tard et lui fait promettre, cette fois, de ne plus l’abandonner. Durant plusieurs mois, ils vivent ensemble une idylle, dans les alcôves et les jardins ombragés du Petit Trianon. Certains vont jusqu’à prétendre qu’il est le véritable père du petit Dauphin. Pour ne pas éveiller les soupçons, Fersen prend aussi d’autres maîtresses, comme la courtisane italienne Eleanore Sullivan ou encore Elisabeth Foster, fille du comte de Bristol, à laquelle il avouera les liens qui le lient à la reine de France. Fersen continue de filer le parfait amour avec la souveraine, qu’il rejoint régulièrement, en catimini, dans ses appartements. Quand ils sont éloignés, les deux amants s’envoient même des lettres enflammées dans une langue cryptée, pour plus de sécurité. C’est Fersen, déguisé en cocher, qui organise la fuite à Varennes en 1791, mais le roi refusera que le Suédois les accompagne lors de ce voyage.« Mon seul chagrin est de ne pouvoir la consoler entièrement de tous ses malheurs et de ne pas la rendre aussi heureuse qu’elle mérite de l’être », écrit-il à sa sœur, quand il apprend que son aimée est enfermée dans une geôle. Jusqu’à la fin, il tentera en vain de la sauver. Il survivra 17 ans à celle qu’il a ...