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La jeune virtuose
Datte: 24/11/2023, Catégories: f, profélève, fdomine, cérébral, conte, contes, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... aussi inspirée. Elle n’avait plus mal, plus peur. Elle se consacrait entièrement à la musique, se donnant sans réserve ni arrière-pensée. Les sensations qu’elle ressentait étaient si intenses, si extraordinaires, si fabuleuses que tout son corps en était érotisé. Elle avait l’impression que de délicieuses étincelles de plaisir jaillissaient et couraient partout en elle. Que n’aurait-elle pas donné pour que cet enchantement dure éternellement ? — Il est 17 heures, il est temps de partir. Tu as fait un excellent travail aujourd’hui. Mais ce n’est qu’un début. Demain, j’exigerai bien plus de toi… Les propos lui firent l’effet d’une douche froide, en l’arrachant brutalement de l’espèce d’embrasement qui l’avait gagnée. Elle ouvrit les yeux, hagarde, et mit quelques secondes pour retrouver un semblant de lucidité. Elle voulut remercier le musicien mais ce dernier semblait avoir oublié sa présence. Dépitée par ce brutal revirement de situation, elle lança un regard suppliant au virtuose qui ne le remarqua même pas. Sa gorge se noua de contrariété. Tous les efforts qu’elle avait accomplis n’auraient-ils servi à rien ? se demanda-t-elle tandis que la douleur se réveillait, bien plus vive que tout ce qu’elle avait enduré jusque-là. Elle rentra chez elle, harassée. Son bras tout entier la torturait. Elle n’arrivait pratiquement plus à le bouger. Elle s’allongea sur son lit en faisant le vide dans son esprit pour essayer d’oublier la douleur. Ce ne fut que plus tard qu’elle ...
... sortit de sa chambre pour aller dans la salle de bains. Là, elle s’aspergea le visage d’eau froide puis fixa le miroir. Ses mains se crispèrent sur le rebord du lavabo tandis que s’incrustait dans son esprit l’image de Boris Krasnov qui lui avait fait vivre un moment fabuleux, d’une rare intensité. Elle se revoyait, jouant encore et encore, au-delà de toute fatigue et de toute douleur, enfiévrée, exaltée, en transe. L’artiste avait fait bien plus que de l’aider à retrouver toute sa dextérité. Il l’avait amenée à accepter son mal de main… à en faire une partie intégrante d’elle-même, à se surpasser. Ce dernier lui avait fait comprendre que jouer du violon n’était pas qu’une simple affaire de technique ou de discipline mais que c’était avant tout un choix de vie, une voie, un cheminement personnel. Le dépassement, le don de soi, vivre ses émotions jusqu’au bout étaient tout aussi nécessaires que l’agilité des doigts, la justesse de notes ou le respect du tempo… Preuve en était la douleur oubliée pendant le cours. Assise à côté de sa mère qui conduisait prudemment, Maryse se débattait dans les affres du doute. Elle était à la fois pleine d’appréhension à la perspective de retrouver Boris Krasnov et en même temps follement impatiente de le revoir. Son poignet lui faisait un mal de chien, son cœur battait follement d’excitation. En pleine confusion, elle ne savait plus où elle en était ni ce qu’elle ressentait vraiment. Elle était perdue. Désemparée. En plein tumulte. — On est ...