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La jeune virtuose
Datte: 24/11/2023, Catégories: f, profélève, fdomine, cérébral, conte, contes, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
Cloîtrée dans sa chambre, refusant d’en sortir, Maryse avait perdu le goût de vivre. Depuis son accident qui avait anéanti tous ses espoirs de devenir une violoniste professionnelle, elle avait sombré dans une espèce de dépression, de vide émotionnel où plus rien ne pouvait la toucher. Elle voulait rester seule, ne souhaitait voir personne. Elle avait caché son violon tout au fond d’un placard. Sa vue la plongeait dans un désespoir sans nom et la faisait fondre en larmes. Privée de toutes perspectives, elle restait prostrée sur son lit, incapable de faire quoi que ce soit d’autre que de laisser le temps s’écouler, consumée par les regrets et l’amertume. Les coups légers frappés à sa porte l’arrachèrent de son accablement. — Maryse, c’est moi ! Laisse-moi entrer, s’il te plaît… Elle ne bougea pas. Elle voulait rester seule avec son malheur. Elle ne voulait ni parler ni être consolée. — Ouvre, je t’en prie ! Sa mère ne semblait pas vouloir abandonner. Elle poussa un long soupir exaspéré avant de se redresser et d’inviter cette dernière à entrer. Celle-ci s’introduisit dans la chambre et s’approcha d’elle, en la scrutant de ses yeux inquiets. — Tu ne peux pas rester enfermée toute la journée dans l’obscurité… Tu es devenue toute hagarde et tu as une mine à faire peur… Elle ne répondit pas et détourna le visage, en ravalant son chagrin. Personne ne pouvait imaginer la désespérance qu’elle éprouvait. Depuis toute petite, elle s’était consacrée à la musique ...
... avec l’unique but d’intégrer un orchestre prestigieux. Son maudit accident lui avait abîmé la main et le poignet. Depuis, elle ne pouvait plus jouer… Elle avait découvert sa passion pour le violon à l’âge de six ans en voyant une artiste jouer à la télévision. Le spectacle l’avait subjuguée. Elle s’en rappelait comme si c’était hier. Elle revoyait encore la jeune violoniste évoluer avec grâce au milieu de la scène illuminée. Cette dernière semblait faire corps avec son instrument qu’elle serrait sous son menton, ses doigts parcourant avec une agilité stupéfiante les cordes, tirant de son archet une musique qui l’avait émerveillée. Elle aussi deviendrait une violoniste, s’était-elle juré, éblouie. Sa mère avait fini par l’inscrire à un cours. Le violon était rapidement devenu sa raison de vivre et elle y avait consacré tout son temps. C’était dans la musique qu’elle s’épanouissait. Elle avait ensuite intégré une école spécialisée puis le conservatoire, s’entraînant d’arrache-pied, sans jamais se plaindre. La discipline à laquelle elle s’était astreinte, la persévérance dont elle avait fait preuve, les répétitions interminables qu’elle s’était imposées, tous les sacrifices qu’elle avait consentis pour progresser avaient développé son don et lui avaient fait atteindre, de l’avis de tous ses professeurs, un niveau exceptionnel. Mais son tragique accident avait réduit à néant tous ses efforts et pulvérisé tous ses rêves. — Pourquoi cela m’est-il arrivé ? Qu’ai-je donc fait pour ...