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La jeune virtuose
Datte: 24/11/2023, Catégories: f, profélève, fdomine, cérébral, conte, contes, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... mériter un tel sort ? C’est injuste, c’est… Sa voix s’éteignit dans un sanglot étouffé et elle lutta pour refouler la crise de larmes qui était en train de monter en elle. — Oh, Maryse ! s’écria sa mère qui l’enlaça avec compassion. Elle enfouit son visage dans le creux de l’épaule maternelle et se mit à pleurer. — Tout finira par s’arranger, tu verras… Le spécialiste a dit que les douleurs finiront par disparaître. Il faut juste que tu sois patiente… je suis persuadée que ce n’est pas aussi grave que tu sembles l’imaginer… Elle n’en croyait pas un seul mot. Sa mère essayait de la rassurer, de lui remonter le moral. Mais rien ni personne ne pourrait la réconforter avant qu’elle ne retrouve le plein usage de ses doigts et qu’elle recommence à jouer du violon, songea-t-elle en sentant le poids familier de la dépression peser sur ses épaules tandis qu’elle se rendait compte à quel point ses chances de revenir à son meilleur niveau étaient faibles. Elle devait apprendre à vivre avec son malheur. Pleurer à longueur de journée, errer comme une âme en peine ou rester prostrée n’aboutirait à rien, certainement pas à augmenter ses chances de guérison. Elle s’arracha des bras qui l’entouraient et s’essuya les yeux en pleurs avant de se diriger vers la fenêtre pour regarder dehors, d’un air absent. — Laisse-moi, maman. Je ne veux plus entendre parler de cette histoire… Une fois sa mère partie, elle resta un long moment debout, contemplant à travers la vitre le ...
... crépuscule tomber pour s’occuper l’esprit et essayer d’oublier la terrible épreuve qui la frappait. Un élancement à la main la fit grimacer et lui broya le cœur. Une douleur qui la privait de tout avenir. À nouveau dévastée, elle oublia toutes les résolutions qu’elle venait de prendre et, incapable de se retenir plus longtemps, se remit à pleurer silencieusement, longuement, s’abandonnant à la désolation qu’elle n’arrivait pas à contenir. Ce ne fut que bien plus tard qu’elle s’allongea sur son lit, après avoir avalé un somnifère. Elle sombra rapidement dans le noir. Ce même noir qui avait envahi tout son être et qui dorénavant ne la quitterait plus… Le bruit de la porte qui s’ouvrait la tira de son apathie. Alors qu’elle s’apprêtait à demander à sa mère de la laisser seule, ses mots restèrent bloqués au fond de sa gorge en apercevant l’homme aux cheveux grisonnants retenus en queue-de-cheval, qui accompagnait cette dernière. Pendant un instant, elle crut que ses yeux lui jouaient un tour. Elle se redressa vivement sur son lit et observa attentivement l’inconnu. Pas de doute, c’était bien Boris Krasnov, le premier violon de l’orchestre philharmonique de Paris. Elle l’avait admiré en train de jouer tant de fois qu’il lui semblait le connaître depuis toujours. Lui, là, dans sa chambre, en train de lui sourire ! Non, c’était impossible. Sous le choc de la surprise, elle resta pétrifiée de longues secondes. De longues secondes pendant lesquelles son cœur s’était arrêté de battre, ...