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La jeune virtuose
Datte: 24/11/2023, Catégories: f, profélève, fdomine, cérébral, conte, contes, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... durant lesquelles il n’y avait plus rien d’autre que le virtuose qui paraissait immense dans sa chambre soudainement exiguë. — Bonjour Maryse… À ta bouche bée et à tes yeux écarquillés, je devine que tu m’as reconnu… L’affirmation énoncée d’une voix douce ne laissait filtrer aucune moquerie ni fanfaronnade. Jamais elle ne s’était sentie aussi embarrassée. Son visage écarlate la brûlait et elle ne savait pas comment réagir pour se sortir de cette situation des plus gênantes. Et puis, elle aurait préféré avoir une tout autre allure que celle affreuse, qu’elle affichait en cet instant, avec ses cheveux emmêlés, son visage défraîchi et cramoisi, uniquement vêtue d’une simple chemise de nuit fripée. Bon sang, pourquoi fallait-il que pour sa première rencontre avec son idole, le fameux Boris Krasnov, elle soit si peu à son avantage ! Elle s’en détesta d’autant plus… — Eh bien, Maryse, tu ne dis pas bonjour ? lança sa mère, visiblement contrariée par son manque d’initiative. Elle avait toujours du mal à réaliser que le violoniste était bien là, qu’elle ne rêvait pas. Se maudissant pour son comportement inapproprié, elle cligna plusieurs fois de suite des paupières avant de prendre la parole d’une voix qui manquait singulièrement d’assurance. — Jamais je n’aurais imaginé avoir l’honneur de vous rencontrer… J’ai écouté tous vos concerts… Vous jouez fabuleusement bien ! Le violoniste ne répondit rien, se contentant de la jauger de toute sa hauteur. Elle eut ...
... l’impression que le regard de ce dernier se faisait plus perçant encore, comme s’il cherchait à lire en elle. — Je suis venu à la demande de vos professeurs et de votre mère qui s’inquiètent pour vous… On m’a expliqué ce qui vous était arrivé… Ça serait dommage que vous gâchiez votre talent, finit-il par lancer d’une voix sévère, les sourcils froncés. L’allusion à son accident mit brutalement fin au moment magique qu’elle était en train de vivre. Ramenée à la réalité, elle eut soudain l’impression qu’elle n’allait pas pouvoir tenir le coup et qu’elle allait éclater en sanglots. Consciente du regard insistant posé sur elle, elle résista de toutes ses forces en s’exhortant intérieurement à ne pas se donner en spectacle. Surtout pas devant Boris Krasnov. — Ma main a été blessée… je ne peux plus jouer… balbutia-t-elle, d’une voix chevrotante. — Montre-la-moi. Avant qu’elle n’ait pu esquisser le moindre geste, le violoniste, avec une vivacité surprenante pour son âge, s’était approché d’elle et lui avait saisi le poignet pour le soulever à hauteur d’yeux. — Bouge tes doigts comme si tu jouais, ordonna-t-il, avec autorité. À la fois impressionnée par le ton impérieux et par la soudaine proximité avec son interlocuteur, elle s’exécuta, en réprimant une grimace de douleur. — N’arrête pas… Elle continua de plus belle, ses doigts remuant à toute allure dans le vide tandis qu’une douleur sourde lui irradiait la main. Au bout d’une minute, elle avait tellement mal qu’elle ...