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Récits érotiques de la mythologie (26) : des femmes dans les mythes de la Grèce ancienne
Datte: 27/10/2023, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... de jeux de mots, de doubles sens. Dans l’Athènes d’Aristophane, les femmes n’ont aucun rôle à jouer dans la vie publique. Seules les femmes du peuple et les esclaves sortent de la maison. Les épouses de bonne condition restent au foyer où elles tissent le lin et la laine, attendent le guerrier et lui donnent des enfants, leur tâche principale. Cette « grève du sexe » semble le seul moyen efficace pour les femmes de revendiquer leur rôle dans la société, à une époque où les hommes leur assignaient l’immobilité en amour : une femme active étant taxée de prostituée. Avant même qu’Ovide n’écrive son « Art d’aimer », Aristophane ose reconnaître le rôle des femmes dans l’amour. De toute l’Antiquité, la femme est reléguée au rang de génitrice ou de prostituée. Règnent les êtres supérieurs, ceux qui pénètrent et font la guerre. Les autres, inférieurs, car non-pénétrants, leur sont soumis. La grève du sexe est une arme à double tranchant: si le désir ne tarde pas à torturer les hommes, les femmes aussi souffrent, et Lysistrata doit déjouer les ruses d’épouses en rut qui invoquent les tâches domestiques, les enfants et même un accouchement imminent pour se défiler. Très vite, Spartiates, Athéniens et autres Grecs sont tous dans un état si critique qu’il les contraint à conclure la paix. Et la pièce s’achève par un banquet et des chants. Dans le contexte de la guerre, Lysistrata remporte un grand succès. Par la suite, elle paraîtra si choquante avec son langage cru et ses ...
... allusions grivoises qu’on l’exclura souvent de la liste des œuvres d’Aristophane. Les féministes ont fait de l’héroïne une icône. Mais il ne faut pas trop extrapoler: Aristophane n’envisage pas vraiment une prise de pouvoir par les femmes, une fois la paix conclue, il est clair qu’elles retournent au gynécée, et les hommes à leur misogynie habituelle. CES FEMMES ET MOI J’ai l’habitude de conclure ces publications en tentant de me situer par rapport aux personnages, réels ou fictifs, dont je viens de retracer le parcours. Les temps ont heureusement évolué et, si leurs mythes me touchent, je me sens comme une Callisto ou encore une Iphis qui assument amour des femmes et bisexualité. C’est évidemment plus compliqué en ce qui concerne Lysistrata, car je dois reconnaître qu’il est difficile d’imaginer une hypersexuelle faire la grève du sexe, même pour une aussi noble cause que la paix. Lysistrata est la première féministe de la littérature occidentale. C’est la question du désir et du contrôle que toute la pièce finit par poser, non sans égratigner gentiment le machisme athénien ambiant. « Il n’est pas possible de vivre avec ces pestes ; il n’est pas non plus possible de vivre sans ces pestes », fait dire Aristophane. Sans céder à l’anachronisme qui consisterait à faire d’Aristophane un féministe, sa vision du rôle de la femme dans le plaisir, qui sera aussi celle d’Ovide dans « l’Art d’aimer » est étonnamment moderne. PRINCIPALES SOURCES Je renvoie à l’ouvrage de ...