1. 0317 Une histoire peut en cacher d’autres. (Boucler la boucle avec tous les détails)


    Datte: 08/10/2023, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... sûr. Au fond, ma rupture d’avec Jérém est récente. Et elle a été très difficile. Peut-être qu’elle a desséché mon cœur.
    
    JEREM
    
    Paris, le 31 décembre 2002, 23h42.
    
    C’était il y a un an. Déjà un an, putain ! Tu se souviens du silence et de la pénombre de la petite maison sans électricité, de la chaleur, de la flamme, du bruit, de l’odeur du feu dans la cheminée. Tu te souviens de son corps contre le sien, de ses câlins, de ses baisers.
    
    Tu te souviens que tu étais tellement bien avec lui. Tu te souviens à quel point Nico était heureux et à quel point ça te rendait heureux. Tu te souviens lui avoir enfin dit ces mots qui te brûlaient les lèvres depuis que vous étiez montés à Campan, ces mots que Nico t’avait dits à plusieurs reprises et que tu n’avais jamais su lui décocher, malgré l’envie de plus en plus brûlante de le faire. Par peur, par pudicité.
    
    « Je t’aime, ourson ! ».
    
    Tu te souviens de comment tu t’étais senti bien après avoir lâché ces mots, si simples et si lourds à la fois. Tu te souviens du bonheur de Nico quand tu lui avais dit ces trois petits mots.
    
    Tu te souviens qu’après ça vous aviez refait l’amour et que ça avait été incroyable. Tu te souviens que tout était parfait à cet instant.
    
    Tu te souviens lui avoir fait la promesse que le prochain réveillon, celui de ce soir, vous le fêteriez avec les cavaliers. Tu te souviens y avoir cru très fort, comme un vœu, comme pour éloigner la peur que ce ne soit pas le cas, que la vie en décide autrement, ...
    ... que le bonheur qui était le vôtre à cet instant vous file entre les doigts. Tu te souviens avoir eu peur que la vie vous fasse à nouveau emprunter des chemins qui s’éloignent. Tu avais eu peur de le faire souffrir encore, et de tout gâcher une fois de plus.
    
    Tu te connais, Jérémie. Ta peur était fondée. Tu as encore fait des bêtises. Tu as encore fait de la peine à Nico. Et tu as tout gâché une fois de plus.
    
    Dans quelques minutes, il sera minuit, et ça fera pile un an que vous étiez si heureux. Ça sonne si loin, tout ça. Cette année 2002 se termine sans Nico. Car Nico, tu l’as perdu. Cette fois-ci, il n’y aura pas de rattrapage, il n’y aura pas de retrouvailles à Campan.
    
    Le bruit de la fête du Nouvel An au « Pousse au Crime » résonne jusque dans la rue où tu es sorti fumer une cigarette. Pour fumer, mais surtout pour te retrouver seul, pour reprendre ton souffle, pour essayer d’échapper à cette tristesse qui t’enserre le cœur et qui t’étouffe. Mais tu n’y arrives pas. C’est tellement dur de devoir faire la fête quand on a le cœur en miettes.
    
    Tu regardes le briquet avec lequel tu viens d’allumer ta clope, le briquet que Nico t’avait offert à Campan, juste avant ton départ pour Paris pour ta première saison. Plus minuit approche, plus ton cœur devient lourd.
    
    « Eh, Jérém, c’est presque l’heure ! ».
    
    Tu as entendu la porte de la boîte s’ouvrir et la puissance des décibels de la fête foncer sur toi. Des gens rentrent, des gens sortent, alors tu n’as même pas tourné ...
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