1. Chroniques immortelles – Avis de tempête (1)


    Datte: 15/02/2018, Catégories: Lesbienne Auteur: Irina, Source: Xstory

    ... saveurs.
    
    Puis les amazones se laissèrent aller à leurs instincts. Des groupes de femmes se formèrent çà et là. Bientôt, ce ne fut plus qu’un concert de soupirs, de gémissements, de cris d’extases qui emplit la vaste plaine. Au centre de cette gigantesque orgie, Antiope recevait les hommages charnels de ses guerrières, chacune d’elle cherchant à satisfaire la reine, à la faire trembler à coup de jouissances répétées. Antiope ne résistait pas, se laissait aller aux désirs de son corps, emmagasinant le plus de sensations possibles avant de…
    
    Mais lorsqu’au bout d’un temps indéterminé elle se releva en souriant, l’orgie s’arrêta net et le silence se fit. Antiope monta sur les marches et s’assit sur son trône. Alors elle parcourut du regard son peuple une dernière fois.
    
    Et elle ordonna à son cœur de cesser de battre...
    
    De longues minutes plus tard, le corps à présent sans vie d’Antiope fut descendu dans le caveau qui avait été creusé à son intention. Il a été déposé dans un sarcophage de pierre, avec ses armes, ses bijoux et diverses offrandes déposées par les Amazones. Puis le tunnel d’entrée a été fermé et la tombe recouverte de terre. Puis, pendant toute la journée suivante, les Amazones ont chevauché, parcourant la plaine et l’emplacement de sa tombe. Le soir venu, le terrain était tellement labouré et retourné par les sabots des milliers de chevaux que plus personne n’aurait pu dire ou se trouvait exactement la sépulture de la reine. Et c’est toujours le cas. Sauf ...
    ... pour moi...
    
    Kostia a terminé son récit. Il se renverse dans son fauteuil. Assise dans un autre fauteuil Antinea guette ma réaction.
    
    Je suis fascinée. J’ai eu l’impression de vivre ce qu’il me racontait. Je me secoue pour sortir de ma torpeur et revenir au présent, au vingt et unième siècle. Nous sommes à Paris, dans un salon privé d’un grand hôtel. Monsieur Kostia m’a invitée pour me présenter à d’autres immortels de haut rang. Je n’ai pas la moindre idée de qui il s’agit. Je sais seulement que c’est une sorte de réunion au sommet qui se tient à intervalles réguliers, et il a estimé que le temps était venu pour moi de rejoindre ce milieu.
    
    Je retrouve l’usage de la parole.
    
    — Monsieur Kostia, alors vous avez toujours su que les Amazones existaient encore de nos jours?
    
    — Bien sûr Christine, répond Kostia avec détachement. J’ai suivi leurs aventures au fil des siècles, leurs pérégrinations jusqu’à maintenant dans les montagnes de l’Altaï, même si elles se font appeler à présent Tamalzaïs.
    
    — Mais… Pourquoi ne pas prendre contact avec elles franchement ? Pourquoi les laisser ignorer ce que vous venez de m’avouer ?
    
    — Parce que… je ne suis pas très fier de moi, répond Kostia embarrassé. Vois-tu, j’étais un peu… aveuglé par l’orgueil et mes certitudes à l’époque. Mais j’étais en train de changer de point de vue. Et puis le cataclysme qui nous a décimés m’a fait soudain prendre conscience du fait que nous aussi nous étions vulnérables, que nous étions malgré tout ...