1. Erotisme et poésie (7) : « Baise m’encor, rebaise-moi et baise » de Louise Labé


    Datte: 10/07/2023, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... et de riches propriétaires.
    
    Le charme et le talent de la belle cordière, qui dirigeait ces rencontres, provoquèrent alors des jalousies et des scandales dans la société lyonnaise. Les écrits de Louise Labé, trop voluptueux ou trop satiriques, renforcèrent ces attaques et les appels à leur censure.
    
    Bien avant la première édition des « EVVRES » en 1555, la beauté de Louise Labé fut célèbre à Lyon et, associée à une liberté d’esprit (peut-être de mœurs) jugée trop éclatante, lui valut très vite une réputation sulfureuse. Dès 1547 par exemple, Philibert de Vienne n’hésitait pas, dans son ouvrage satirique « Le philosophe de cour » publié chez Jean de Tournes, à mettre la « Cordière de Lyon » sur le même plan que Laïs, fameuse hétaïre de l’Antiquité grecque dont le nom et les aventures étaient proverbiaux chez les humanistes.
    
    Avec Maurice Scève (1501-1564) et Pernette du Guillet (1518-1545), Louise Labé appartient au groupe dit « école lyonnaise ». Chez Louise Labé, on remarque l'influence du grand poète latin Ovide, qu'elle connaît bien.
    
    L'œuvre de Louise Labé se compose d'un « Débat de Folie et d'Amour », de trois Élégies et de vingt-quatre sonnets, lesquels expriment les tourments féminins de la passion.
    
    Louise Labé est le type même de la femme cultivée de la Renaissance, connaissant le latin et l'italien, la musique et l'équitation, et tenant à Lyon un salon fréquenté.
    
    D’autres, comme l’universitaire, spécialiste de Clément Marot et de Rabelais, V.L. ...
    ... Saulnier (1917-1980) l’ont considéré comme une « courtisane sans grande envergure ».
    
    Certains ont mis en doute l’existence réelle de Louise Labé. Les commentaires de ses contemporains devraient suffire à mépriser cette invention. Il est vrai que l’on ne connaît que très peu d'éléments de sa vie. Ceux que l'on peut lire sont parfois le fruit de l'imagination des critiques, à partir de ses écrits : Louise Labé lesbienne, Louise Labé lyonnaise, Louise Labé courtisane.
    
    Louise Labé ne serait pour ces auteurs qu'une fiction élaborée par un groupe de poètes autour de Maurice Scève (le nom de Louise Labé viendrait du surnom d'une prostituée lyonnaise, « La Belle Louise »). L'ouvrage de l'universitaire Mireille Huchon, publié en 2006, développe cette thèse. Daniel Martin a cherché à réfuter cette thèse dans son article publié en 2006 : « Louise Labé est-elle une créature de papier ? ». De même, Michel Jourde, en 2011.
    
    On prête à la jeune femme de nombreuses outrances amoureuses qui n'ont fait qu'accroître le mythe autour de cette femme dont on sait finalement peu de choses. Son caractère indépendant et des rumeurs lui prêtant une liaison avec un poète de La Pléiade, Olivier de Magny (1529-1561), lui firent une réputation de femme légère. Elle fut en revanche fort réputée, et appréciée des poètes de son temps, qui lui dédièrent de nombreux vers et qui chantèrent sa beauté. On a dit aussi que le roi Henri II aurait été son amant.
    
    Son époux, Enemmont Perrin, meurt peu après 1555. ...
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