1. Erotisme et poésie (7) : « Baise m’encor, rebaise-moi et baise » de Louise Labé


    Datte: 10/07/2023, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    Dans un commentaire qu’elle a publié sous ma précédente publication de poésie érotique (Erotisme et poésie (6) : « Ode à l’amant » de Marie Dauguet, paru le 6 mars 2020), une lectrice (et par ailleurs une des mes auteures préférées, dont je recommande chaudement la lecture, en particulier sur HDS), Laetitia sapho, m’a incité à m’intéresser à Louise Labé et à aux textes de la plus grande poétesse française de la Renaissance.
    
    Elle faisait en particulier référence à un poème issu des « Sonnets » de cette poétesse du XVIème siècle, contemporaine de Ronsard « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ». J’ai choisi un autre texte issu de ces Sonnets, que j’ai trouvé d’une audace inouïe, en particulier à l’époque où écrit Louise Labé : « Baise m’encor, rebaise-moi et baise ».
    
    Merci Laetitia !
    
    Je précise que Pierre Perret, dans son « Anthologie de la poésie érotique » (Nil éditions, 1995) avait consacré plusieurs pages à Louise Labé, autour du poème qu’a cité Laetitia.
    
    LA BELLE CORDIERE
    
    Louise Labé (1524-1566) est née à Lyon. Son père, Pierre Charly, apprenti cordier, avait épousé (vers 1493) en premières noces la veuve d'un cordier prospère, Jacques Humbert dit Labé. Pour assurer sa présence dans cette profession, il reprit pour lui-même le surnom du premier mari de sa femme et se fit appeler Pierre Labé.
    
    À la mort de sa femme, Pierre Labé se remaria, et c'est de ce mariage que naquit Louise Labé. Celle-ci reprendra également le pseudonyme de son père et sera ...
    ... surnommée La Belle Cordière, en raison du métier de son père, puis de son mari.
    
    Louise est une enfant vive et enjouée qui fascine son père. Celui-ci lui donne une éducation assez exceptionnelle pour une femme du peuple au XVIe siècle. Elle apprend le latin, l'italien et la musique mais aussi l'art des armes, un enseignement habituellement réservé aux hommes. Elle monte à cheval vêtue en homme, au mépris des règles religieuses, et s'exerce aux joutes armées.
    
    Elle jouait du luth, elle montait à cheval et maniait l’épée. On dit qu’elle participa en 1542 au siège de Perpignan mené par le dauphin, le futur Henri II. Elle était habillée en homme, et se faisait appeler capitaine Loys.
    
    De ses amours auréolés de mystères, ne retenons que ce qu'elle nous en dit. Elle se serait donnée à l'âge de 16 ans à un homme de guerre : « Je n'avais vu encore seize hivers/ lorsque j'entrai en ces ennuis divers »
    
    Elle épousa en 1543 un riche marchand de cordes, Ennemond Perrin, qui avait 30 ans de plus qu’elle et qui possédait plusieurs maisons à Lyon, trouvant dans la fortune de son mari un moyen de satisfaire sa passion pour les lettres : dans un temps où les livres étaient rares et précieux, elle eut eu une bibliothèque composée des meilleurs ouvrages grecs, latins, italiens, espagnols et français.
    
    Le couple possédait des jardins spacieux près de la place Bellecour où elle pratiquait l'équitation. Elle reçoit chez elle une société distinguée et lettrée, composée d'artistes, d'avocats ...
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