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Le projet artistique (68)
Datte: 20/06/2023, Catégories: Erotique, Auteur: Yojik, Source: Xstory
... et vivre l’instant présent, à le savourer pleinement. Mais bon, des fois, il faudrait réfléchir un peu plus et ouvrir les yeux. Nous approchions du reste du groupe et je vis chez Esteban et Germain un air penaud. Olivier et Felipe ne disaient rien mais je vis à leur regard qu’ils étaient déjà passés par là. Lorsque nous fûmes à portée de voix, Sylvie interpella Amandine : — Alors, Am ? Vu, sa tête, il a ouvert les yeux, non ? — En effet, Sylv. Je vois que c’est le cas pour tous... — Oui, franchement, Gégé qui percute vite d’habitude. Là, il m’a déçue, déclara Marie. Je pensais partir dans de grandes et belles déclarations aujourd’hui. En fait, j’étais, nous étions de vrais couillons. — Mais en fait, vous en avez pris conscience quand, vous ? demanda justement Esteban. — On vous l’a déjà dit, il me semble. Mais j’ai l’impression qu’il faut en remettre une couche. La profondeur de ce que nous avons ressenti vous a échappée. Vous vous souvenez de notre week-end dans la maison de mes grands-parents ? commença Liz. — Oui, bien sûr. C’est là-bas ? Pour toutes ? m’étonnai-je. — Oui, quand vous avez ramené Elisa à bout de bras. Vous n’avez rien dit, vous l’avez juste fait. Comme vous l’auriez fait pour nous. Avec la même abnégation, le même courage silencieux. Vous avez été forts et attentionnés. En rappelant cette petite aventure, Carine eut des trémolos dans la gorge. Elle était émue, avec les larmes aux yeux presque. A mon grand étonnement, je vis ...
... que les autres filles étaient aussi chamboulées. Les yeux comme des soucoupes de mes copains me firent dire qu’ils en étaient aussi étonnés que moi. — Vous vous êtes occupés d’Elisa. Mais vous ne nous avez pas oublié. Durant le chemin, vous vous êtes encouragé les uns les autres. Mais vous nous avez aussi poussées, portées par vos paroles. Vous auriez pu vous énerver parce que nous n’avancions pas, que nous nous plaignions un peu. Il aurait fallu, vous nous auriez tous pris dans vos bras ou sur le dos pour nous ramener à bon port, ajouta Marie. — Je n’aime pas dépendre d’un mec, je crois que les femmes sont aussi capables. Mais, merde, cette fois-là, vous m’avez bluffée. Plus que ça, bien sûr. Je n’avais pas de mots à mettre dessus et pourtant j’étais chamboulée. L’aveu de Sylvie m’étonna quelque peu, Esteban faillit en perdre l’équilibre. — Quand Elisa nous a emmené faire les courses, elle a vu que nous étions un peu troublées par les évènements de la veille. Plus que troublées même. Elle nous a posées quelques questions sur notre ressenti et l’évidence nous a percutées comme un uppercut. Vous croyiez quoi, les gars ? Que c’était la perspective de nous faire prendre par derrière qui nous avait rendues si joyeuses quand nous étions rentrées des courses ? nous invectiva Amandine. Je n’avais pas pensé à cela sur le coup. Si, quand même, mais pas de façon si évidente. Pour nous, cela n’avait été que le signe d’un moment agréable passé entre nanas. Je me sentais un ...