1. Spectrophilie


    Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... heureuse était un but magnifique pour ma vie. Finies les bringues et les soirées de turpitude, j’allais tenter de réussir ce que j’avais précédemment raté.
    
    Elle me téléphona le soir même, j’avais eu envie de lui parler toute la journée, mais je ne voulais pas me faire insistant. Elle voulait me revoir, je volais jusque chez elle. C’est ainsi que commença pour moi une nouvelle vie, tournée vers cette splendide et adorable maîtresse.
    
    Mais sa cousine nous avait bien vus partir ensemble et fit vite le lien entre Julie et ma disparition subite des soirées crapuleuses. Comme elle était fort bavarde après quelques verres, le bruit de notre relation fit tranquillement son chemin. Et un terrible soir où nous étions en train de feuilleter les pages du Kamasutra, son mari fit une discrète intrusion dans l’appartement. Il avait dû être informé, il avait apporté ce qu’il fallait, un gros calibre. Je pris deux bastos dans le dos, la troisième fut pour Julie. Il nous laissa tous les deux pour morts. Les journaux titrèrent « Drame de la jalousie », il fut jugé, mais n’écopa que de quelques petites années. Sa femme s’en tira miraculeusement, si l’on peut dire. Touchée à la tête, elle fut opérée à maintes reprises. C’est maintenant un « légume » dans un hôpital spécialisé.
    
    Ma mort ne fit pleurer personne, pas même mes enfants qui ne vinrent pas à mes obsèques. Les circonstances scabreuses m’ayant rendu encore plus infréquentable mort que vivant. C’est après trois jours de noir ...
    ... absolu, juste avant qu’on ne m’enterre, sans que j’aie vu le moindre tunnel avec une grande lumière ou des proches venant me chercher, que j’eus la sensation de me réveiller. Groggy comme après la plus sévère des cuites que j’aie jamais prises. C’est la lumière qui m’a réveillé quand quelqu’un a tiré le tiroir dans lequel j’étais enfermé. J’ai essayé de me lever, j’étais comme englué dans une bouillasse collante, j’ai fini par tomber par terre et rouler sous une table. D’autres types sont venus en sifflotant, ils ont sorti ce qu’il y avait dans le tiroir et l’ont mis dans un cercueil. Je me voyais, c’était moi, là, blafard, la poitrine à moitié arrachée par les balles qui m’avaient traversé et qui font un trou beaucoup plus gros en sortant qu’en entrant. Ça fout les boules ! Je gueulais :
    
    — Mais j’suis là, j’suis pas mort, ou pas tout à fait…
    
    Personne ne m’entendait. Ils m’ont emporté dans mon emballage de bois, enfin, l’ancien moi. Parce que moi, j’étais toujours là. Comme un imbécile, je n’ai pas eu le réflexe de les suivre et quand j’ai voulu sortir je me suis cogné à la porte. Impossible de pousser cette porte battante. J’y mis toutes mes forces, rien à faire. En revanche, je l’ai prise dans le pif et j’ai roulé par terre quand la petite est venue pour nettoyer le tiroir. Pas mal, ni au nez, ni aux fesses en tombant, plutôt bien. Ce qui fait que quand sa copine est venue la rejoindre, j’ai pu me glisser entre deux battements de portes. Dommage, elle était bien roulée, ...
«12...456...48»