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Spectrophilie
Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... questionna ma tablette ? — La maison dont je rêvais. Oh, il faut que tu viennes la visiter et que tu me donnes ton avis. Nous visitâmes le week-end suivant, elle avait pu s’en procurer les clés à l’étude. Il s’agissait d’une ancienne maison de négoce, dernièrement occupée par un distributeur de machines à café, ces armoires qui fleurissent dans les stations-service et les bureaux, dans lesquelles on obtient un brouet infâme et tiédasse pour un euro et demi. Construite au siècle dernier, angles de pierres de taille et panneaux de briques rouges, sa façade était assez étroite avec juste un porche, une porte d’entrée et une seule fenêtre. Les fourgons, autrefois les carrioles, traversaient le porche pour aller se ravitailler dans une cour pavée, dont tout un côté était occupé par un hangar avec quai de chargement sous trois voûtes de pierres. Le bâtiment principal donnant sur la rue ne comportait du coup que d’anciens bureaux. Sous un toit à la Mansart, un vaste grenier inoccupé, mais très encombré était exploitable, de même que le hangar de stockage d’environ quatre-vingt-dix mètres carrés. La cour en faisait à peu près autant et était entourée des hauts murs borgnes des immeubles voisins. Transformer ce bâtiment en habitation exigeait évidemment beaucoup de travaux, mais le potentiel était immense. De faillite en faillite, inoccupé depuis des années à cause d’interminables combats juridiques, il était à vendre rapidement pour solder les dettes du dernier propriétaire ...
... et, de ce fait, son prix ne reflétait absolument pas les cours du marché de l’immobilier, mais juste le reste à recouvrer pour le liquidateur judiciaire. Était-ce vraiment une affaire ? Profitant de cette journée ensoleillée et sans le moindre souffle d’air, je bondis sur la toiture, la parcourant attentivement, puis me laissais tomber sur l’autre, celle du hangar, en ardoises également. Quelques zincs étaient à reprendre, mais les toits semblaient parfaitement étanches. Une visite dans le grenier me confirma l’impression. De plus, il y avait là de nombreuses choses à récupérer, caisses et sacs ayant contenu des épices, objets originaux de décoration. Les murs extérieurs n’avaient besoin que d’un nettoyage à haute pression. En revanche, il fallait changer toutes les menuiseries, pourries et sans double vitrage. Le quartier, autrefois artisanal et commerçant, était devenu calme et résidentiel avec un parc au bout de la rue. —Allez, dis-je à Caroline, je me lance dans l’estimation. Environ deux cent cinquante mètres carrés au sol, rien que l’emplacement doit tourner autour de trois cent mille euros. Les bâtiments sont à reprendre, mais la structure est saine, disons quatre cent cinquante au total ? — Tu n’y es pas, ce serait au-delà de mes moyens. —Le prix de l’emplacement, alors ? — Non, je t’ai dit le prix des dettes à rembourser. —Alors… je ne peux pas savoir. — Cent quarante-huit ! —Hein ? Tu plaisantes ? — Non. —Il faut signer lundi. — Tu es sûr ? Absolument. ...