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Spectrophilie
Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... donnait toujours l’opportunité d’entrer et de sortir. J’aimais bien son appartement, luxueux et raffiné. Elle aussi avait cassé les cloisons, mais pas les mêmes que Caroline. On entrait dans une assez vaste pièce occupée par un angle bureau, bibliothèque aux murs, bureau d’acajou, gros fauteuil, ordinateur, et un joli salon avec deux sofas en angle également, toujours un seau à champagne sur la table basse, moquette épaisse et lourde tenture ouvrant largement sur la chambre. Deux cent cinquante euros de l’heure, pouvant monter jusqu’à mille, si le monsieur venait la chercher pour se faire accompagner en soirée. Femme assez jolie d’environ trente-cinq ans, extrêmement soignée, elle pratiquait ainsi une prostitution de luxe qui lui rapportait pas mal : deux le matin quand elle était en forme, trois ou quatre l’après-midi et un ou deux en soirée, cinq jours par semaine, elle émargeait aux environs de deux mille euros par jour et autour de quatre cent mille par an. Tout en liquide ! De quoi s’offrir de belles vacances et de solides placements. À ce tarif-là, ses clients étaient plutôt fortunés, propres sur eux et courtois, et donc cette activité ne posait pas de problème dans l’immeuble, pas plus que si elle avait été toubib ou dentiste. Elle avait des habitués dont certains avaient des fantasmes. Avant qu’ils ne sonnent, elle se préparait après ses ablutions, se déguisant en infirmière, en maîtresse d’école ou en nonne, et jouait sur l’éclairage pour changer l’ambiance. Ça ...
... m’amusait beaucoup. Ayant joué à plusieurs reprises à me matérialiser sous la douche avec la mousse, Caroline eut un jour l’idée saugrenue de me tartiner de fond de teint. Ça nous occupa toute une matinée pour un piètre résultat. Le maquillage arrêtait la lumière qui me traversait habituellement, et chaque manque, ou chaque orifice laissé, comme les yeux ou la bouche, faisaient d’inquiétants trous noirs. Mais avec un bonnet et des lunettes de soleil, elle parvint presque à quelque chose d’encourageant. Ce n’était qu’un jeu, bien consciente qu’elle ne pouvait pas me ressusciter, mais même si elle se sentait visiblement mieux dans notre relation, elle devait de temps en temps avoir besoin de donner un visage à son amant. Mise à part cette carence évidente, j’étais malgré tout un compagnon assez pratique : je ne consommais rien, je n’occupais pas d’espace hormis ma tablette, pas de bruit, pas d’odeur, pas de linge sale, quelqu’un de peu encombrant en somme et un amant inépuisable. Chaque semaine, nous passions un moment agréable chez sa grand-mère, où je retrouvais le chat Victor, et parfois elle nous offrait une sympathique petite balade à la campagne. Vinrent les vacances. Caroline aimait le soleil et la mer, mais restait inexorablement complexée. Pas question pour elle d’aller dans une station trop fréquentée où elle n’aurait jamais osé se mettre en maillot. Elle opta pour la Normandie. Bien, beaux paysages, encore de nombreuses plages presque désertes pendant que tout le ...