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Spectrophilie
Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... maison, avec une terrasse et un petit jardin. —C’est beaucoup plus d’entretien. — Oui, je sais, mais je rêve de pouvoir faire pousser quelques légumes, des salades, des tomates et de prendre le soleil sur MA terrasse. Tu vois, je ne veux pas un pavillon comme Mamy avec des parterres, de la pelouse, des arbres, qui l’obligent à employer quelqu’un. Mais juste dix mètres carrés de terre et autant pour poser une chaise longue, une maison de ville avec une cour. Ce n’est pas le bout du monde ? —Non, mais tu peux avec ce que tu as dans ton coffre. — C’est trop tôt, il faut que je termine de rembourser l’emprunt de celui-ci. Dans quatorze mois, peut-être. Et puis il faut trouver la bonne occasion, mais je suis bien placée pour ça. L’élément positif, c’est qu’elle avait fait sien l’or qui dormait à la banque. Nous retournâmes dans mon appartement, je l’aidai à faire l’inventaire des papiers et photos et l’on s’offrit une belle petite séance amoureuse dans mon ancien lit, un ravissement pour moi. Ensuite, la vie se cala sur le rythme du travail de Caroline. Je faisais des progrès dans tous les domaines, parvenant à bouger plus d’objets et à conquérir plus d’autonomie. Je trouvai un logiciel de synthèse vocale assez performant sur Internet, et je lui fis la surprise, après m’être entraîné avec beaucoup de ténacité et d’application, de lui parler avec ma tablette. C’était un peu lent, mais ça lui évitait de lire à chaque fois, nos échanges devenaient plus fluides et agréables. ...
... Il restait l’obstacle des portes et donc ma liberté de mouvement. Nous convînmes de laisser la porte-fenêtre du balcon entrebâillée, ce qui me permettait de sortir en sautant dans la rue du second étage. Au début, j’avais encore la peur du vide comme un vivant, la trouille irrépressible de me lancer dans le vide et de me faire mal, voire de me tuer. Mais j’étais déjà mort ! Et avec mon poids plume, aucun risque, je tombais doucement comme une feuille, en prenant cependant garde au vent. Remonter était très facile, un bond suffisait. Géant ! Ainsi pouvais-je flâner en son absence, aller au ciné ou traîner dans les magasins. Je m’y suis beaucoup amusé, visitant les cabines d’essayage, glissant des objets légers dans les cabas, ou faisant tomber des pyramides de boîtes au passage de gens sérieux, soudain tout honteux. Parfois, j’allais faire un tour chez des gens, des inconnus, par pure curiosité. Mais j’étais très méfiant et prudent, ayant toujours la crainte de me faire enfermer pour la nuit. Ainsi, dans l’immeuble, je connaissais intimement presque tout le monde, notamment la charmante dame du troisième gauche. En effet, sa porte s’ouvrait et se fermait assez souvent dans la journée. Elle pratiquait un métier, paraît-il, très ancien ( !), mais avec les moyens modernes qu’offraient ordinateur et Internet. Une plaque indiquait « Conseil en relations humaines, sophrologie, relaxation, massages » et les messieurs se succédaient donc chez elle à intervalles réguliers, ce qui me ...