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Spectrophilie
Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... dans une histoire de fou. Et là, je pète un câble… —Normal. J’en suis navré, tout est de ma faute… — Ça ne solutionne rien de dire ça. Je ne sais toujours pas ce que je dois faire. —Première chose : aller mettre cet or dans un coffre à la banque et l’oublier un peu. — Oui, ce sera une pression en moins. —Ensuite, allez voir votre grand-mère. Si elle est un peu médium, elle vous aidera. — Vous avez peut-être raison. Je l’appelle… Elle téléphone à sa grand-mère et retarde le rendez-vous au goûter. Nous partons à la banque, elle est ouverte jusqu’à seize heures. Formalités, papiers, ouverture de compte-coffre, presque une heure avant d’accéder aux coffres. Heureusement encore qu’elle est cliente. Elle vide méthodiquement le contenu de l’attaché-case dans le tiroir métallique. De retour dans la voiture, elle me dit : — Je pourrai toujours argumenter que je ne voulais pas garder une telle fortune chez moi. Et comme les banques sont fermées le lundi, ça me donne le temps de réfléchir… Je me tus, enfin, je n’écrivis pas. Nous arrivâmes chez la mamy, petit pavillon dans un quartier calme de banlieue. La vieille dame vint ouvrir, vaillante et pomponnée, avec un voile de violet dans ses cheveux blancs. — Oh, ma chérie, comme je suis contente de te voir. — Mamy, tu me dis ça toutes les semaines… — Mais parce que c’est vrai, c’est toujours une fête quand tu es là. — Tu es gentille. — Mais… dis-moi… Tu n’es plus toute seule… (elle lui prend les bras et ferme les ...
... yeux). Je sens une présence masculine auprès de toi. Aurais-tu trouvé chaussure à ton pied ? — C’est… c’est plus compliqué que ça. Rentrons, j’ai besoin de tes lumières. Elle conduisit sa petite fille dans un petit salon qui sentait à la fois la naphtaline et le papier d’Arménie. Vieux meubles cirés, napperons de dentelle, un gros chat gris dormait sur un fauteuil. — Assieds-toi, je vais chercher le thé… Caroline sortit une boîte métallique du cabas qu’elle a emporté, remplie de loukoums, makhrouts et cornes de gazelle. — Ah ! Mon péché mignon, tu y as pensé, merci. On va en profiter tout de suite. Alors, raconte… — C’est un peu compliqué… — Commence par le début, nous avons le temps, enfin, moi oui. Ma séance de spiritisme a été annulée. Tant pis pour eux, ils n’auront pas droit aux loukoums. — Alors voilà… Et Caroline narra avec concision ce qui lui, nous, était arrivé depuis deux jours, rappelant les circonstances et le scandale autour de ma mort. La grand-mère hochait la tête, reprenait des friandises, et y allait parfois de son commentaire, « quelle belle mort que mourir en faisant l’amour », « oh, mais tu es devenue riche ». — Voilà Mamy, je crois que je t’ai tout dit, si je n’ai rien oublié. Qu’en penses-tu ? Je suis perdue, j’en viens à penser que je suis folle… — Ha-ha ! Mais pas du tout, ma petite fille. Je crois au contraire que tu vis une histoire merveilleuse. Ce malheureux décédé, comment était-il de son vivant ? — Grand, bien bâti, plutôt ...