1. Spectrophilie


    Datte: 11/04/2023, Catégories: fh, couple, bizarre, cérébral, revede, pénétratio, fantastiqu, fantastiq, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... petit rictus nasal puis se prit au jeu, entrouvre les lèvres ; j’y plongeai ma langue. Deux secondes plus tard, nous nous dévorions l’un l’autre. Comme c’est bon cette sensation d’exister encore, d’embrasser une jolie femme. Je me plaquai à elle et la serrai dans mes bras, passant mes mains partout. Dans un premier temps, elle se laissa prendre au jeu, avec même un certain plaisir apparent. Puis d’un coup, elle se recula, se leva et se prit la tête à poignée :
    
    — Mais ça va pas, c’est pas possible, je suis marteau, complètement tombée sur la tête… Embrasser un fantôme… N’importe quoi. Excusez-moi, mais, vraiment, trop c’est trop. Tous ces événements bizarres, ma raison déraille un peu. Permettez, je vais déjeuner, ça ira peut-être mieux après.
    
    Elle fit réchauffer au micro-ondes le reste de légumes de la veille et ajouta une tranche de jambon dans son assiette, le visage fermé et contrarié. Elle mangeait distraitement, la tempe appuyée sur sa main, coude sur la table. Puis elle prit une cigarette dans son sac à main et l’alluma, chose qu’elle ne devait jamais faire, car aucune odeur de tabac n’était perceptible dans l’appartement. Je restais interdit en la regardant. Avais-je commis une erreur ? La led de la tablette passa au vert, elle était rechargée. Avec d’énormes difficultés, je parvins à débrancher l’alimentation. J’écrivis :
    
    —Puis-je vous aider ?
    
    Et je portai la tablette vers elle. C’était pratique, je pouvais écrire dans un sens et la basculer vers elle, ...
    ... l’écriture se renversait automatiquement.
    
    — Non, en ce moment vous ne m’aidez pas. Voir une tablette se balader dans mon salon, ça ne m’aide pas non plus. Ai-je des hallucinations ? Est-ce un cauchemar ? Vais-je me réveiller ? J’en ai marre, je ne sais plus où j’en suis… (et elle se met à pleurer).
    —Caroline, ouvrez-moi simplement la porte, je vais partir et vous laisser en paix…
    — Mais ça ne résoudra pas mon problème. Je suis là avec une valise d’or, cinquante lingotins et je ne sais combien de Louis…
    —200.
    — Oui, c’est ça. Plus de cent mille euros dans mon salon. Injustifiables. Et je discute avec une tablette. Une histoire de fou que personne ne pourrait croire…
    —C’est vrai. Même moi je n’arrive pas à croire que quelqu’un ait pu m’accorder autant de confiance que vous.
    — Hélas ! Moi la vieille-fille, si rationnelle, si honnête, si… normale. Me voilà embarquée dans une histoire dingue dont on n’oserait même pas faire un mauvais film. Et par-dessus le marché, je me laisse embrasser par un fantôme ! Non, mais, j’y crois pas… Ma raison dérape complètement.
    —Caroline, vous avez au moins toutes les preuves pour savoir que je suis bien « l’esprit » de Jérôme Rezzin. Le code du coffre, les tiroirs secrets… Je ne suis pas une méchante entité venue vous faire du mal, un incube comme on les appelle.
    — Non, je sais, vous me couvrez de cadeaux inouïs, il n’y a rien de mauvais en vous, comme je le supposais. Mais mettez-vous un instant à ma place. En deux jours, je suis plongée ...
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